Guerre entre Israël et le Hamas : pourquoi l'offensive sur Rafah pourrait intervenir seulement dans plusieurs semaines

Alors que le Premier ministre israélien assure qu'une offensive militaire sur Rafah aura bien lieu et qu'une date a même déjà été arrêtée, les réalités du terrain laissent penser qu'elle ne pourrait pas avoir lieu avant plusieurs semaines.
Article rédigé par Eric Biegala - édité par franceinfo
Radio France
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Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. (RONEN ZVULUN / POOL)

Le Premier ministre israélien l'assure : une offensive sur Rafah, où sont concentrés près d'un million et demi de Palestiniens, essentiellement des réfugiés, aura bien lieu. La date est même arrêtée, a juré Benjamin Netanyahou. Mais aux vues des réalités sur le terrain, cela ne se fera pas avant plusieurs semaines au moins. Avec le repli de la 98e Division de Khan Younes, annoncé dimanche 7 avril et qui est déjà en bonne partie réalisé, l'armée israélienne ne dispose plus des moyens humains et matériels nécessaires pour lancer une attaque au sol sur la zone fortement urbanisée et très densément peuplée de Rafah.

Ce repli des forces israéliennes devrait également permettre un retour chez eux des Gazaouis déplacés à Rafah ou leur transfert vers des camps de déplacés, qui restent à construire le long de la côte. C'est d'ailleurs une condition sine qua non d'un possible futur assaut sur Rafah : que la population de l'agglomération en ait été évacuée. La radio de l'armée Israélienne pronostiquait lundi une pause de 6 semaines pour ce faire.

Israël n'a pas donné de date aux États-Unis

Les forces armées devraient laisser sur le terrain quelques éléments de leur 162e Division, notamment la Brigade Nahal et ses 5 à 6 000 hommes qui prendront position autour de ce que l'on appelle le "couloir Netzarim". Cet axe nouvellement construit coupe la bande de Gaza en deux, d'Est en Ouest, la partageant entre Gaza ville au Nord, le centre de l'enclave Khan Younes et Rafah au Sud.

La Brigade Nahal représente à peine 15% du volume de forces engagées au plus fort des combats. Cela ne veut pas dire que les tirs sur le sud de l'enclave et notamment sur Rafah vont cesser, mais il s'agira de tirs plus ciblés, opérés par l'aviation et visant en priorité les cadres du Hamas ou du Jihad Islamique, s'ils sont repérés. À moins bien sûr d'un cessez-le-feu.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a assuré mardi 9 avril qu'Israël n'avait pas fourni aux États-Unis de date pour une éventuelle opération militaire à Rafah. 

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