Gaza : Israël reconnaît avoir tiré près d'une école de l'ONU à Rafah

Au 27e jour du conflit dans la bande de Gaza, Israël déplace ses troupes et les deux camps sont déterminés à poursuivre les combats.

Un Palestinien porte un enfant blessé, après le bombardement d\'une école de l\'ONU à Rafah, dans le sud de la bande de gaza, le 3 août 2014.
Un Palestinien porte un enfant blessé, après le bombardement d'une école de l'ONU à Rafah, dans le sud de la bande de gaza, le 3 août 2014. ( IBRAHEEM ABU MUSTAFA / REUTERS)

Les combats se sont poursuivis entre Israël et le Hamas, dimanche 3 août, dans la bande de Gaza, malgré les multiples appels internationaux en faveur d'un cessez-le-feu. L'armée israélienne a annoncé la mort du soldat porté disparu depuis vendredi, peu après qu'Israël et le Hamas ont affirmé leur détermination à poursuivre les hostilités dans la bande de Gaza, au 27e jour du violent conflit qui a fait environ 1 800 morts côté palestinien. 64 soldats et trois civils israéliens ont également été tués en près d'un mois.

Voici ce qu'il faut retenir des événements de dimanche.

Israël reconnaît avoir tiré près d'une école de l'ONU

Au 27ème jour de la guerre, 71 personnes ont encore péri dans le seul secteur de Rafah, selon les secours locaux. L'armée israélienne a reconnu avoir tiré près de l'école de Rafah, dans laquelle au moins dix Palestiniens ont été tués dimanche matin. "L'armée israélienne a pris pour cible trois terroristes du Jihad islamique montés sur une moto à proximité d'une école de l'UNRWA à Rafah. Les forces de défense d'Israël examinent les conséquences qu'a eues cette frappe", a-t-elle dit dans un communiqué.

Au moins dix personnes ont trouvé la mort dimanche matin dans un bombardement qui a touché une école de l'ONU accueillant environ 3 000 réfugiés, selon les secours. C'est la troisième fois en dix jours qu'une école de l'ONU est touchée dans la bande de Gaza. Une trentaine de Palestiniens ont déjà été tués dans des frappes sur des écoles, à Beit Hanoun le 24 juillet et à Jabaliya le 31 juillet.

"C'est un scandale du point de vue moral et un acte criminel", ainsi qu'une "nouvelle violation flagrante du droit humanitaire international", s'est indigné le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Les Etats-Unis, principaux alliés d'Israël, se sont dits "consternés" par un "bombardement honteux".

Israël retire des troupes et se redéploie à Gaza

Israël a commencé à retirer certaines troupes de la bande de Gaza et à en redéployer d'autres à l'intérieur du territoire palestinien, annonce un porte-parole de l'armée. "Nous sommes tout près d'avoir achevé notre mission en ce qui concerne les tunnels dont nous connaissons l'existence", ajoute le militaire.

Une centaine de chars auprès desquels des soldats s'affairaient ou prenaient du repos stationnaient dimanche après-midi, côté israélien. Sans parler de début de retrait, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a laissé entendre samedi soir que "Bordure protectrice" allait entrer dans une nouvelle phase. "On change de braquet", a-t-il déclaré.

L'UE et la Chine réclament un cessez-le-feu

"Le bain de sang doit cesser", a affirmé Herman Van Rompuy dans une déclaration au nom des 28 membres de l'UE. Il dénonce "d'intolérables souffrances depuis plus de trois semaines déjà et elles ont coûté beaucoup de vies, dont celles de nombreuses femmes et enfants. Cela doit cesser immédiatement".

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, silencieux jusqu'à présent, a joint sa voix à la communauté internationale. "Les deux camps, les Israéliens et les Palestiniens, doivent immédiatement et totalement cesser le feu, y compris les raids aériens, les opérations au sol et les tirs de roquettes pour sauver les personnes et la paix dans la région", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse avec son homologue égyptien Sameh Choukri.