À Sdérot, à portée de roquette de Gaza, la colère des habitants : "On ne peut pas rester comme ça, il faut taper !"

L'escalade se poursuit entre Israël et le Hamas. A Sdérot, qui vit au rythme des alertes, beaucoup reprochent au gouvernement de Benyamin Netanyahou de ne pas être assez ferme.

Article rédigé par
Frédéric Métézeau - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des roquettes tirées depuis Gaza, le 11 mai 2021. (MOHAMMED SABER / EPA VIA MAXPPP)

Dans sa petite boutique de Sdérot où elle vend des tickets de loterie, Bloria regarde la télé en édition spéciale. "Non, mais regardez ! Toutes les villes sont en alerte... " La buraliste est en colère contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. "Il gaspille tout l'argent pour rester sur son fauteuil, ce monsieur Bibi. Je n'aime pas ça. Il devrait savoir que faire, on ne peut pas vivre comme ça. Quinze ans qu'il est au pouvoir ! Ce n'est pas bien pour nous, moi, je voudrais quelqu'un d'autre."

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Mardi 11 mai, des dizaines et des dizaines de roquettes ont visé le sud-ouest d'Israël, tout près de la bande de Gaza. L'escalade militaire entre le Hamas et Israël se poursuit. En Israël, ce sont cinq personnes qui ont été tuées au total dans les tirs de roquettes et des dizaines d'autres ont été blessées, selon la police et les services de secours. D'après le dernier bilan du ministère de la Santé à Gaza, mercredi, les frappes aériennes israéliennes sur l'enclave, menées en riposte aux tirs de roquettes depuis lundi, ont fait au moins 35 morts, dont 12 enfants.

À Sdérot, les habitants sont à bout et en colère contre le gouvernement israélien alors que le "bloc du changement" espère toujours remplacer le Premier ministre Benyamin Netanyahou. Malgré les alertes aux missiles, malgré une courte nuit, Yaacov est passé saluer Bloria dans sa boutique. Lui trouve le gouvernement bien trop timoré. "On est déjà dans la guerre, alors il faut y entrer ! On ne peut pas rester comme ça toute la vie. Ce sont des terroristes, ce ne sont pas des gens qui veulent vivre. Il faut qu'il tape !"

"Netanyahou, il est bien mais il ne fait pas la guerre !" 

Taper, à la façon d'un Vladimir Poutine : c'est le conseil de cet habitant de Sdérot à Netanyahou. "Il est bien mais il ne fait pas la guerre ! Je suis Victor, j'habite à Sdérot depuis trente ans, j'ai grandi dans le Caucase. Se taire ? Pourquoi se taire ? Je voudrais vraiment Poutine, nous le disons tous... Poutine ici, en Israël et à Gaza !"

Dans une rue presque déserte, Nir promène son chien, un beau labrador roux... Petite sortie entre deux alertes, il faut bien viser... À Sdérot la vie est suspendue. "Ces jours-ci dans le coin, ça ressemble à une ville fantôme. Comme vous le voyez, la plupart des boutiques sont fermées, tout est vraiment mort. Il y a beaucoup de tensions à cause des missiles, toutes les alarmes... La nuit dernière c'était horrible, une catastrophe ! Toutes les cinq minutes on va aux abris, on ne peut vraiment pas dormir... Je suis en très en colère contre mon gouvernement, contre le Hamas, contre tout !"

Depuis 18 ans, des milliers de roquettes sont tombées ici. Les habitants ont 15 secondes pour se cacher, pas plus. Les abris antimissiles sont devenus la spécialité de la ville... Pas vraiment une fierté pour ses habitants.

Le reportage à Sderot de Frédéric Métézeau
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