Irak : des associations s'insurgent contre les arrestations arbitraires d'un journaliste et d'un militant au Kurdistan

Un instituteur et un journalistes ont disparu dans le Kurdistan irakien depuis plusieurs jours, alerte une association internationale.

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France Télévisions
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Un membre du PKK, au Kurdistan irakien (Irak), le 22 juin 2018. (SAFIN HAMED / AFP)

Des défenseurs des droits humains s'inquiètent du sort d'un journaliste aux mains, depuis le début de la semaine, d'hommes qui n'ont pas été identifiés, au Kurdistan irakien. Dans cette région du nord du pays, plusieurs militants sont en détention parfois depuis près de deux mois pour avoir participé à des manifestations. 

Sherwan Sherwani, rédacteur en chef du mensuel Bashur, connu pour ses enquêtes sur la corruption dans la région autonome du nord irakien, a été appréhendé à son domicile à Erbil, mercredi, "sans raison légale ni mandat judiciaire", dénonce un communiqué de militants kurdes.

Selon le Committee to Protect Journalists (CPJ), une association de protection des journalistes basée aux Etats-Unis, "10 officiers de police, dont quatre en civil" ont interpellé le rédacteur en chef. Ils ont "saisi ses deux ordinateurs portables, son carnet de notes et des CD avant de braquer un pistolet sur sa tête et de le menotter".

Un instituteur également porté disparu

Le journaliste, déjà arrêté par le passé pour des articles contestés par les autorités, avait critiqué sur Facebook, plusieurs jours avant sa disparition, le Premier ministre kurde, Masrour Barzani. Il avait notamment réclamé des comptes sur la mort de journalistes et de militants au Kurdistan, selon l'association CPJ. Des militants des droits humains s'inquiètent également du sort de Badel Barwari, un instituteur qui avait participé il y a près de deux mois à des manifestations à Dohouk (nord) réclamant les trois mois de salaires manquant des fonctionnaires depuis le début de l'année.

Si des manifestations ont régulièrement lieu sans incident à Souleimaniyeh, deuxième ville kurde tenue par l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), les rassemblements à Dohouk et Erbil, la capitale tenue par le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, ont été dispersés. Le chef du Comité des droits humains du Kurdistan, Dhiaa Boutros, affirmait ainsi à des médias locaux que "305 personnes ont été arrêtées, dont 19 toujours en détention" depuis fin août.

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