Incendie criminel dans une église pendant la visite du pape à Jérusalem

Un individu s'est emparé d'un livre utilisé par les pèlerins et l'a amené dans une petite salle près de l'orgue où il a mis le feu au livre, brûlant des croix de bois.

Des croix de bois brûlées dans une église catholique à Jérusalem, le 26 mai 2014, pendant la visite du pape.
Des croix de bois brûlées dans une église catholique à Jérusalem, le 26 mai 2014, pendant la visite du pape. (THOMAS COEX / AFP)

Un incendie d'origine criminelle s'est déclaré dans l'une des principales églises catholiques de Jérusalem, sur le mont Sion, lundi 26 mai, pendant la visite du pape François.

"Quelqu'un est entré dans l'église, est descendu à la crypte, s'est emparé d'un livre utilisé par les pèlerins et l'a amené dans une petite salle près de l'orgue où il a mis le feu au livre, brûlant des croix de bois", a affirmé le frère Nikodemus Schnabel, porte-parole de l'abbaye de la Dormition. Le feu a été constaté à 19 heures locales (18 heures, heure de Paris).

"La police est sur place et nous a dit qu'il ne s'agissait pas d'un accident", a précisé ce moine bénédictin. Du mobilier et des croix en bois ont été brûlés et les moines, qui ont maîtrisé le sinistre à l'aide d'extincteurs, étaient recouverts de suie, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un lieu sujet aux tensions entre chrétiens et juifs

Peu avant l'incendie, le pape célébrait une messe dans le bâtiment voisin du Cénacle, à quelques dizaines de mètres là, un site sacré pour chrétiens, juifs et musulmans qui cristallise les tensions dans la Ville sainte.

Selon la tradition chrétienne, c'est à cet endroit, situé sur le mont Sion, à l'extérieur des murailles de la Vieille ville, qu'a eu lieu la Cène, le dernier repas de Jésus avec ses apôtres, au cours duquel fut instituée l'Eucharistie. Aujourd'hui, les chrétiens demandent à avoir l'usage du lieu, où ils peuvent se rendre librement mais où ils ne peuvent célébrer des messes que deux fois par an, pour le Jeudi saint et la Pentecôte.

Cette demande a déclenché la colère d'extrémistes juifs redoutant que la venue du pape au Cénacle ne fasse partie de négociations entre Israël et le Saint-Siège susceptibles de mettre un terme, à leur détriment, au statu quo. Par mesure de précaution, trois jeunes juifs qui se trouvaient dans l'école talmudique voisine du Cénacle ont été arrêtés lundi avant l'arrivée du pape, selon la police. Le secteur avait été pourtant entièrement évacué par la police.