Un photographe de l'AFP blessé lors d'une manifestation anti-"Charlie Hebdo" au Pakistan

Les policiers pakistanais ont effectué des tirs de sommation et utilisé le canon à eau pour disperser des manifestants rassemblés devant le consulat de France, à Karachi.

Des manifestants anti-\"Charlie Hebdo\", à Lahore, au Pakistan, le 15 janvier 2015. 
Des manifestants anti-"Charlie Hebdo", à Lahore, au Pakistan, le 15 janvier 2015.  (MOHSIN RAZA / REUTERS)

Les heurts ont commencé en milieu d'après-midi devant le consulat français, à Karachi (Pakistan), après la traditionnelle prière du vendredi. Un photographe de l'AFP a été grièvement blessé dans des violences entre policiers et manifestants anti-Charlie Hebdo, vendredi 16 janvier.

Le photoreporter Asif Hassan a été atteint d'une balle dans les poumons, puis transporté d'urgence à l'hôpital Jinnah, où il a subi avec succès une intervention chirurgicale. "La balle est entrée dans son poumon et est ressortie par sa poitrine. Il est hors de danger dans l'immédiat", a déclaré Seemi Jamali, porte-parole de cet hôpital de la métropole pakistanaise.

Tirs de sommation

Selon la police et des témoins, la balle provenait du camp des manifestants, mais il n'a pas été possible de confirmer cette information, les protestataires accusant la police d'avoir ouvert le feu.

Les policiers pakistanais ont effectué des tirs de sommation et utilisé le canon à eau pour disperser ces manifestants. L'AFP fait état d'au moins deux blessés. 

Les grands partis islamistes du pays avaient appelé à des manifestations nationales pour dénoncer la publication d'une nouvelle caricature du prophète Mahomet en une du dernier numéro de l'hebdomadaire satirique, publié mercredi.

Colère d'une partie du monde musulman

Cette nouvelle caricature a provoqué la colère d'une partie du monde musulman. Jeudi, des milliers de personnes avaient défilé à Lahore, l'une des principales villes du Pakistan. Sur les banderoles, on pouvait lire "Maudit soit Charlie Hebdo". "Nous demandons que les caricaturistes soient pendus. Nous voulons qu'ils meurent parce que nous aidons notre prophète", avait déclaré l'un des manifestants.

En Iran, au Maroc, en Egypte ou encore en Jordanie, les autorités condamnent ces caricatures tandis qu'une manifestation anti-Charlie Hebdo se tiendra le 19 janvier à Grozny, en Tchétchénie, a annoncé jeudi le président Kadyrov.