"J'ai eu tort" : le patron d'Uber s'excuse d'avoir comparé l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à une "erreur"

Dans le cadre d'une interview, Dara Khosrowshahi avait pris la défense de l'Arabie saoudite. Le pays est le cinquième actionnaire de la société de transport. 

Le PDG de l\'entreprise Uber, Dara Khosrowshahi, lors d\'une interview à New York (Etats-Unis), le 6 novembre 2019.
Le PDG de l'entreprise Uber, Dara Khosrowshahi, lors d'une interview à New York (Etats-Unis), le 6 novembre 2019. (MICHAEL COHEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

"J'ai eu tort d'appeler cela 'une erreur'". Le patron d'Uber s'est excusé, lundi 10 novembre, après avoir déclaré dans une interview que l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dans lequel Ryad a reconnu sa responsabilité, était une "erreur". "Il ne peut y avoir de pardon ou d'oubli de ce qui est arrivé à Jamal Khashoggi, a tweeté Dara Khosrowshahi pour expliquer ses propos de la veille dans un entretien accordé à Axios. "J'ai dit quelque chose sur le moment que je ne pense pas. Nos investisseurs connaissent mon point de vue depuis longtemps sur ce point et je suis désolé de n'avoir pas été aussi clair".

L'Arabie saoudite est actionnaire d'Uber

"Je pense que le gouvernement (saoudien) a dit qu'il avait fait une erreur", avait déclaré Dara Khosrowshahi, avant de se lancer dans une comparaison hasardeuse. "C'est une erreur grave, mais nous aussi avons fait des erreurs, dans la conduite automatique (...) et nous nous remettons de cette erreur", a-t-il ajouté, faisant allusion à un incident dans lequel une voiture autonome d'Uber avait tué accidentellement une piétonne en mars 2018. 

Interloqué, le journaliste d'Axios a interpellé le PDG sur cette comparaison entre un accident et un assassinat. "Je pense que les gens font des erreurs et cela ne veut pas dire qu'on ne peut jamais leur pardonner. Je pense qu'il ont pris ça sérieusement", a alors répondu l'entrepreneur.

Ses déclarations ont provoqué un tollé aux Etats-Unis, où Jamal Khashoggi collaborait au Washington Post et où son assassinat dans des conditions atroces avait suscité des critiques sévères contre le pouvoir saoudien, y compris au Congrès. 

L'Arabie saoudite, à travers son fonds d'investissement souverain, est le cinquième actionnaire du numéro un de la location de voitures avec chauffeur. Et le gouverneur du fonds, Yasir al-Rumayyan, siège à son conseil d'administration.