Assassinat de Jamal Khashoggi : "The Dissident", le documentaire choc qui pointe la responsabilité de Mohamed Ben Salmane

Le documentaire de Bryan Fogel sort lundi en vidéo à la demande sur toutes les plateformes. Un récit accablant sur l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018 dans les locaux du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, et une accusation sans équivoque du prince Mohamed Ben Salmane.

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Radio France
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"The Dissident", le film de Bryan Fogel sur la mort du journaliste Jamal Khassoghi, sort le 15 mars 2021.
 (ORIGINALS FACTORY)

En 2018, le journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi disparaît au consulat saoudien d’Istanbul. Qui est responsable de sa mort ? Dans The Dissident, le réalisateur Bryan Fogel dispose de quantité de témoignages et d'images pour raconter comment, le journaliste, qui fut un temps proche de la famille royale en Arabie saoudite, exilé aux États-Unis en 2017, a de fait été condamné à mort et exécuté, sur les ordres de Mohamed Ben Salmane, le prince héritier, dont le film anéantit l'image de réformateur.

Devenu dissident, Jamal Khashoggi critique sans retenue le régime saoudien, mais ce qu'il ne sait pas, c'est qu'en se liant avec le jeune Omar Abdulaziz, exilé au Canada, il va à sa perte. Les deux dissidents mènent sur le réseau Twitter une contre-attaque fulgurante à la propagande que le régime inflige à son peuple.

"Ils sont complices"

Mohamed Ben Salmane dispose d'une arme redoutable : le logiciel Pegasus de la société israélienne NSO. Ce cyberespionnage lui permet d'envoyer un commando au consulat saoudien pour assassiner Khashoggi quand il va chercher un document en vue de son mariage avec sa fiancée turque. "Ils sont complices", assure Bryan Fogel à propos de NSO, pour qui il s'agit bien de cybercriminalité. "Leur business, c'est de vendre des outils numériques d'espionnage, et en faisant ça, ils mettent en danger de nombreuses personnes : journalistes, activistes, dissidents..."

"En vendant ces logiciels en connaissance de cause à des pays comme l'Arabie saoudite, ils provoquent des situations très dangereuses. On peut parler de comportement criminel."

Bryan Fogel, réalisateur de 'The Dissident'

à franceinfo

Dans The Dissident, on entend les conversations des barbouzes qui ironisent sur l'art de découper un corps, on revoit Donald Trump se désintéresser de cette affaire scandaleuse car la vente d'armes à l'Arabie saoudite est la priorité.

La réponse de Joe Biden "n'est pas à la hauteur"

Depuis que le film a été tourné Joe Biden est entré à la Maison Blanche, il a fait la leçon au roi Salmane sur le comportement de son fils. L'actuel président des États-Unis a également déclassifié le rapport de la CIA qui accuse le prince héritier saoudien, resté secret sous Donald Trump. Mais le nouveau président américain a déçu Bryan Fogel : "Malheureusement, la réponse de Joe Biden n'est pas à la hauteur, j'en attendais plus", regrette le réalisateur.

"Joe Biden s'est présenté comme celui qui allait reconsidérer complètement la relation avec l'Arabie saoudite, mais selon moi, ce qu'il a fait n'est pas vraiment mieux que ce que Trump a fait."

Bryan Fogel, réalisateur de "The Dissident"

à franceinfo

Pour Bryan Fogel, le président américain "a rendu public le rapport qui prouve comment Jamal Khashoggi a été assassiné, mais a échoué à aller plus loin. En faisant ça, il envoie un message à tous les dirigeants du monde comme Mohamed Ben Salmane : que ce genre d'attitude sera tolérée et que les États-Unis ne feront rien."

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