Deux soldats dissidents ont été tués mardi lors de heurts à Sanaa avec des membres de tribus proches du président Saleh

L'opposition yéménite se déclare disposée à se rendre en Arabie saoudite pour participer à des négociations menant à un transfert de pouvoir à Sanaa, a-t-elle annoncé mardi à l'AFP.La prise de position survient au lendemain d'une offre du Conseil de Coopération du Golfe réuni à Ryad de faciliter une médiation entre l'opposition et le président.

Manifestants faisant face aux forces de sécurité yéménites, le 3 avril 2011 à Taëz
Manifestants faisant face aux forces de sécurité yéménites, le 3 avril 2011 à Taëz (AFP / STR)

L'opposition yéménite se déclare disposée à se rendre en Arabie saoudite pour participer à des négociations menant à un transfert de pouvoir à Sanaa, a-t-elle annoncé mardi à l'AFP.

La prise de position survient au lendemain d'une offre du Conseil de Coopération du Golfe réuni à Ryad de faciliter une médiation entre l'opposition et le président.

Lundi, au moins 17 manifestants yéménites ont été tués par balles lors de marches de contestation du régime.

A Taëz (sud), les forces de sécurité ont ouvert le feu sur une manifestation hostile au régilme, où des heurts ont éclaté dimanche. Il y a eu au moins 15 morts et des centaines de blessés, souffrant d'inhalations de gaz lacrymogènes ou de blessures par balle, selon l'hôpital.

A Hodeida, sur la mer Rouge, deux personnes ont péri lundi lors de la dispersion d'une marche. Plus tôt dans la journée de lundi, des manifestants avaient observé un sit-in devant le siège du gouvernorat à Hodeida après des accrochages avec les forces de sécurité, qui ont fait 300 blessés, dont 4 par balles et 26 par des jets de pierres, les autres ayant été indisposés par du gaz lacrymogène, selon des protestataires.

A Taëz, selon des manifestants, les premières des quelque 17 victimes sont tombées sous les balles de l'armée et des forces de l'ordre. Les protestataires ont ensuite atteint le siège du gouverneur de province et ils ont pu entrer dans la cour du bâtiment mais ils ont été accueillis par des salves de tirs d'hommes armés dont certains étaient postés sur des toits. Dimanche, déjà, un jeune avait été atteint mortellement par les tirs de la police alors qu'il déchirait un portrait du président Saleh, ont rapporté de nombreux témoins mais les autorités ont démenti cette mort.


Lundi, la Maison Blanche a exprimé son inquiétude de voir Al-Qaïda profiter d'un "vide politique" au Yémen, où le régime du président Ali Abdallah Saleh est fragilisé, et a exhorté les Yéménites au dialogue pour assurer une transition pacifique du pouvoir. "Nous sommes évidemment inquiets de voir Al-Qaïda et d'autres groupes essayer de profiter d'un vide politique en cette période de violences", a déclaré le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney.

Dimanche, le président yéménite Ali Abdallah Saleh a appelé l'opposition à mettre fin au mouvement de contestation. Il s'est dit prêt à négocier "un transfert pacifique du pouvoir dans un cadre constitutionnel" avec ceux qui réclament sa démission depuis des semaines.

Dans le même temps, les opposants ont renforcé dimanche leur mouvement de protestation à Aden, fief du mouvement séparatiste sudiste qui se plaint d'avoir été marginalisé par le Nord après l'unification du Yémen en 1990. Le grand port méridional était quasiment désert dimanche au deuxième jour d'un appel à la désobéissance civique. L'opposition a appelé la population à cesser de verser des impôts et de payer les factures d'électricité.

Lâché par une partie de son armée, la diplomatie et les institutions de l'Etat, le président Saleh, 69 ans dont 23 passés au pouvoir, a proposé le mardi 29 mars de quitter la tête de l'Etat au début 2012. L'opposition parlementaire a rejeté cette offre, continuant à réclamer son départ immédiat. Toutefois, Ali Abdallah Saleh peut encore compter sur le soutien de certains généraux, de dignitaires religieux et de chefs tribaux.

Des semaines de manifestations ont conduit son gouvernement au bord de l'effondrement. Ce qui a provoqué la préoccupation des Etats-Unis et de leur allié saoudien qui s'inquiètent pour l'avenir d'un pays où Al Qaïda serait implanté.