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De violents heurts ont opposé à Amman des manifestants réclamant des réformes à des partisans du régime et policiers

Il y a un mort, un manifestant de 55 ans, Khairy Jamil Saad, décédé vendredi à l'hôpital et plus de 160 blessés.La puissante opposition islamiste en Jordanie a appelé samedi au départ du Premier ministre Maarouf Bakhit, le rendant responsable des violences.
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Répression à Amman (25 mars 2011) (AFP/KHALIL MAZRAAWI)

Il y a un mort, un manifestant de 55 ans, Khairy Jamil Saad, décédé vendredi à l'hôpital et plus de 160 blessés.

La puissante opposition islamiste en Jordanie a appelé samedi au départ du Premier ministre Maarouf Bakhit, le rendant responsable des violences.

Le pouvoir a accusé "les Frères musulmans de recevoir des instructions de l'Egypte et de la Syrie pour exécuter des plans contre la Jordanie".

La gendarmerie a dispersé les manifestants avec des canons à eau et a démonté le camp installé par les protestataires dans le centre de la capitale. Il s'agit du premier affrontement entre les forces de l'ordre et des manifestants et du premier décès depuis le déclenchement des mouvements de protestations en Jordanie il y a trois mois. Par ailleurs, une autre source médicale a affirmé que le nombre des blessés "dépasse les 130 personnes". Parmi eux figurent des policiers.

A l'hôpital Amal, jouxtant la place où avaient campé les "jeunes du 24 mars", "cinq blessés ont été admis dont deux dans un état grave", a déclaré une source médicale dans cet hôpital. "Un d'entre eux a une blessure profonde au crâne, l'état de l'autre est encore plus sérieux et a nécessité son transfert à un hôpital spécialisé", a ajouté cette source.

Les jeunes du 24 mars campaient depuis jeudi pour des réformes
Les "jeunes du 24 mars", un groupe rassemblant différentes tendances y compris des islamistes, campaient depuis jeudi pour réclamer des réformes. Des loyalistes les ont attaqués une première fois dans la nuit à coups de pierre faisant une trentaine de blessés.

"La police anti-émeute a été déployée pour tenter de contrôler la situation. Elle a démonté le camp et opéré plusieurs arrestations parmi les jeunes", a indiqué à l'AFP une source sécuritaire.

Les tentes et tout le matériel ont été montés sur des bus de la police et il ne restait plus de trace du camp à 17H45, a constaté une journaliste de l'AFP. Les jeunes étaient aussi partis. Selon des témoins, les loyalistes faisaient partie de milliers de partisans du régime qui avaient manifesté vendredi dans un parc à Amman en faveur du régime.

Après le démontage du camp, les loyalistes étaient toujours aux alentours de la place, scandant des slogans à la gloire du roi Abdallah, sans être ennuyés par les forces de l'ordre. "Le but des autorités était de faire partir ce groupe de jeunes qui rappelle trop les manifestants de Tunisie, Egypte ou Bahreïn", a déclaré à l'AFP un analyste politique qui a requis l'anonymat.

"Nous voulons le jugement des symboles de la corruption"
"Notre rassemblement est pacifique mais cela ne nous a pas empêché d'être la cible d'attaques. Le roi accepte-t-il de telles actions? Nous sommes des citoyens et nous avons le droit de nous exprimer", a affirmé Reda Darwiche, un étudiant. "Le peuple veut des réformes du régime", "nous voulons le jugement des symboles de la corruption", "la révolution éclate autour de nous, Jordanie ton tour va venir", avaient scandé les jeunes au cours e leur rassemblement jeudi.

Le dialogue national lancé en Jordanie, peine à progresser, la puissante opposition islamiste ayant refusé de s'y joindre, alors que des analystes mettent en garde contre un risque d'explosion. "Tout cela n'augure rien de bon, la commission patauge et elle a clairement les mains liées par un ordre du jour limité", avait affirmé jeudi à l'AFP un ancien ministre.

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