Au moins neuf personnes ont été tuées vendredi et samedi en Syrie par des tirs des forces de l'ordre

Celles-ci avaient pourtant reçu des consignes officielles de ne pas ouvrir le feu sur les manifestants qui contestent le régime depuis la mi-mars.Fuyant la répression, plusieurs centaines de Syriens ont fui samedi la ville de Tall Kalakh, près de Homs, vers le nord du Liban, selon un correspondant de l'AFP et des responsables locaux.

Un manifestant brûle une photo de Bachar el-Assad devant la consulat de Syrie à Istanbul
Un manifestant brûle une photo de Bachar el-Assad devant la consulat de Syrie à Istanbul (AFP / Mustafa Ozer)

Celles-ci avaient pourtant reçu des consignes officielles de ne pas ouvrir le feu sur les manifestants qui contestent le régime depuis la mi-mars.

Fuyant la répression, plusieurs centaines de Syriens ont fui samedi la ville de Tall Kalakh, près de Homs, vers le nord du Liban, selon un correspondant de l'AFP et des responsables locaux.

Au moins trois personnes ont été tuées samedi et plusieurs autres blessées à Tall Kalakh par des tirs des forces de l'ordre, a indiqué un témoin à l'AFP. "Les forces de l'ordre, qui encerclent depuis ce matin Tall Kalakh, tirent à l'arme automatique", a-t-il affirmé.

Vendredi, cinq Syriens ont également été tués par les forces de sécurité déployées massivement à travers le pays, a affirmé un militant des droits de l'Homme sous couvert de l'anonymat.

Quatre ont été tués à Homs et deux à Damas. Dans le quartier de Qaboun, à la sortie de la mosquée Abou Bakr, à Damas, les fidèles ont été frappés avec des bâtons, puis il y a eu des tirs, a-t-il précisé.

Une neuvième personne, une femme, a succombé à ses blessures vendredi dans la localité de Hara, près de Deraa, à 100 km au sud de Damas. Elle avait été blessée quelques jours plus tôt lors d'un assaut de l'armée, a indiqué le militant. Selon lui "la situation est tragique" dans les régions investies par l'armée.

Les arrestations continuent
Les arrestations de militants se poursuivent, selon le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, Rami Abdel Rahmane, basé à Londres.

Les services de sécurité ont arrêté vendredi une avocate des droits de l'Homme, Catherine Talli, à Damas. Et l'époux d'une autre avocate, Wael Hamada, a été arrêté mercredi dans la capitale, a-t-il indiqué.

Selon des ONG, la répression en Syrie a fait quelque 700 morts et des milliers d'arrestations depuis le début du mouvement de contestation mi-mars, suscitant de vives critiques internationales.

Des Syriens fuient au Liban
Conséquence de la répression, plusieurs centaines de Syriens ont fui samedi Tall Kalakh pour le village voisin de Wadi Khaled, dans le nord du Liban, selon un correspondant de l'AFP et des responsables locaux.

"Plus de 500 personnes ont traversé la frontière depuis 7h, pour la plupart des femmes et des enfants", a déclaré un conseiller municipal, Mahmoud Khazaal, précisant que l'on pouvait entendre des tirs intermittents venant de la Syrie.

D'après le correspondant de l'AFP, certains réfugiés présentaient des blessures par balles et au moins cinq ont été transportés dans des hôpitaux libanais. Un des blessés est mort à l'hôpital public de Qobbayyate, selon une source hospitalière.