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Au moins 42 morts dans un double attentat à Tripoli, dans le nord du Liban

Deux voitures piégées ont explosé devant deux mosquées de la grande ville sunnite du nord du Liban vendredi, jour de la grande prière pour les musulmans.

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De la fumée s'élève dans le ciel après un double attentat à Tripoli (Liban), le 23 août 2013. (IBRAHIM CHALHOUB / AFP)

C'est l'attaque la plus sanglante depuis la fin de la guerre civile en 1990, selon les secours libanais. Deux voitures piégées ont explosé à quelques minutes d'intervalle près de deux mosquées de Tripoli, la grande ville sunnite du nord du Liban, vendredi 23 août, jour de la grande prière pour les musulmans. Le double attentat a fait au moins 42 morts, selon le ministère de la Santé libanais. Quelque 500 personnes ont été blessées dans l'attentat, estime la Croix rouge libanaise. Plusieurs enfants se trouvent dans un état grave. Un bilan régulièrement revu à la hausse tout au long de la journée de vendredi.

APTN

Un correspondant de Reuters a vu "sept corps à l'intérieur de plusieurs voitures calcinées", près de la mosquée Al-Taqwa, où s'est produite la première des deux explosions. Les télévisions locales ont montré des voitures en flammes, des hommes transportant dans leurs bras des blessés et des devantures d'immeubles totalement détruites. Ce que confirment des photos qui circulent sur Twitter.

Pourquoi Tripoli est-elle visée ?

La capitale du Nord-Liban est régulièrement le théâtre d'affrontements entre les sunnites, qui soutiennent en majorité la rébellion syrienne, et les alaouites, une branche du chiisme plutôt favorable au régime de Bachar Al-Assad. 

L'attaque survient une semaine après un attentat sanglant dans la banlieue chiite de Beyrouth, un fief du Hezbollah, puissant mouvement chiite libanais combattant aux côtés du régime syrien.

Quelles sont les conséquences de ce double attentat ?

Ces deux attentats risquent d'exacerber les tensions confessionnelles au Liban, déjà fortes en raison de la situation en Syrie. Le conflit syrien divise profondément le pays, placé sous tutelle du voisin syrien durant une trentaine d'années, jusqu'en 2005. Ainsi, à la suite des attentats, des centaines de personnes en colère se sont rassemblées près de la mosquée Al-Taqwa. Elles ont scandé des slogans hostiles au Hezbollah chiite et au régime Assad.

Deux jours avant ce nouvel attentat, l'armée libanaise avait annoncé être désormais en "guerre totale" contre le "terrorisme". Elle a affirmé poursuivre depuis des mois une cellule "qui prépare des voitures piégées", dont celle qui avait explosé le 15 août dans le fief du Hezbollah. Selon, le chef de l'armée libanaise, Jean Kahwaji, la cellule recherchée "ne vise pas une région ou une communauté particulière mais cherche à provoquer une dissension confessionnelle en visant des régions différentes tant du point de vue confessionnel que politique".

"Il est clair qu'il y a une volonté de déclencher une guerre confessionnelle au Liban pour détourner l'attention de ce qui se passe en Syrie", indique de son côté Hilal Khachane, chef du département de sciences politiques à l'université américaine de Beyrouth. Mais "je ne crois pas que le Liban plongera dans une guerre confessionnelle car elle ne bénéficiera à personne", a-t-il ajouté.

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