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Accusée par les autorités libyennes, l'OTAN a reconnu dimanche avoir fait par erreur des victimes civiles à Tripoli

"Il semble qu'une arme n'ait pas atteint sa cible et il est possible qu'une défaillance du système ait fait un certain nombre de victimes civiles", explique l'Alliance au sujet d'un raid mené dans la nuit de samedi à dimanche sur Tripoli.Selon les autorités libyennes, le raid a coûté la vie à 9 civils sur un quartier résidentiel de la capitale.
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Après une bavure de l'OTAN sur un quartier de Tripoli (AFP - MAHMUD TURKIA)

"Il semble qu'une arme n'ait pas atteint sa cible et il est possible qu'une défaillance du système ait fait un certain nombre de victimes civiles", explique l'Alliance au sujet d'un raid mené dans la nuit de samedi à dimanche sur Tripoli.

Selon les autorités libyennes, le raid a coûté la vie à 9 civils sur un quartier résidentiel de la capitale.

"L'Otan reconnaît des pertes civiles lors d'une frappe à Tripoli", la capitale libyenne bastion du régime, a indiqué l'Alliance dans un communiqué, précisant qu'un "site militaire de missiles était la cible prévue" de cette frappe aérienne.

Il s'agit de la première bavure que l'Otan reconnaît avoir commis à Tripoli depuis qu'elle a pris le 31 mars les rênes de l'intervention internationale dans le pays, sous mandat de l'ONU, pour protéger la population civile de Mouammar Kadhafi.

Samedi, elle avait déjà dû admettre avoir accidentellement frappé une colonne de véhicules rebelles dans la région de Brega (est) le 16 juin. D'autres incidents du même type étaient déjà survenus dans le passé.

Le porte-parole du gouvernement libyen Moussa Ibrahim a accusé l'Otan de commettre des "barbaries" en visant "délibérément des civils".

Un immeuble d'habitation de deux étages, dans lequel résidaient 5 familles, a été détruit par le raid, selon les autorités. Dimanche matin, des journalistes ont été conduits par des responsables gouvernementaux dans un quartier populaire à Tripoli où ils ont pu voir un cadavre retiré des décombres d'un immeuble. Ils ont ensuite été conduits dans un hôpital où leur ont été présentés les corps de deux enfants et de trois adultes, tandis que les officiels avançaient le chiffre de sept puis neuf tués.

Nouveaux combats aux abords de Misrata
Sur le front, de nouveaux combats ont éclaté le matin aux abords de l'enclave de Misrata après un bombardement violent à l'artillerie lourde par les pro-Kadhafi, a indiqué la rébellion en affirmant avoir repoussé plusieurs tentatives des loyalistes d'avancer vers la ville.

Selon les insurgés, "neuf personnes ont été tuées et 51 blessées, des rebelles et des civils, et plusieurs des blessés sont dans un état grave".

De violents combats se poursuivaient en soirée à l'est et à l'ouest de Misrata, située à 200 km à l'est de Tripoli, selon la rébellion.

Après 4 mois, "nous manquons de tout", se désespèrent les insurgés
Les opérations de l'Otan, qui visaient à l'origine à mettre en place une zone d'exclusion aérienne protégeant les populations civiles des bombardements de l'aviation kadhafiste, sont entrées dimanche dans leur quatrième mois. Elles dépassent désormais de trois semaines la campagne de bombardements aériens menée par l'alliance atlantique au printemps 1999 pour contraindre l'armée serbe à se retirer du Kosovo.

Après quatre mois de conflit, les rebelles contrôlent le tiers oriental de la Libye, la grande ville portuaire de Misrata et le Djebel Nefoussa, plateau qui s'étend le long de la frontière avec la Tunisie.

"Nous manquons de tout. Financièrement, c'est un échec complet. Soit les Occidentaux ne comprennent pas, soit ils s'en moquent. Rien de concret n'est intervenu. Et quand je dis rien, c'est vraiment rien", a commenté Ali Tarhouni, responsable des questions pétrolières au sein du Conseil national de transition à Benghazi. "Notre peuple est en train de mourir".

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