Nobel de la paix : "Les parlementaires français ne pourront plus ignorer le problème des armes nucléaires"

Pour le représentant français de l'ICAN, Jean-Marie Collin, l'attribution du prix Nobel de la paix à la coalition d'ONG est "la preuve qu'il était important de sensibiliser et d'arriver à obtenir ce traité d'interdiction des armes nucléaires".

Une manifestation parisienne de ICAN.
Une manifestation parisienne de ICAN. (ETIENNE LAURENT / EPA)

Le prix Nobel de la paix a été attribué, vendredi 6 octobre, à la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN). C'est sous l'impulsion de cette coalition d'organisations non gouvernementales qu'une cinquantaine de pays ont lancé, en juillet dernier à l'ONU, la signature d'un traité bannissant l'arme atomique.

L'attribution de ce prix Nobel est "une victoire de la société civile et des ONG", réagit sur franceinfo Jean-Marie Collin, représentant de l'ICAN en France. Cet expert estime que les parlementaires français ne pourront désormais "plus ignorer ce sujet".

franceinfo : C'est un grand jour pour vous ?

Jean-Marie Collin : Vous ne pouvez pas savoir l'immense bonheur que je ressens ! C'est un grand honneur, mais c'est surtout la preuve que c'était important de sensibiliser et d'arriver à obtenir en juillet dernier ce traité d'interdiction des armes nucléaires, malgré les difficultés et l'absence de volonté des États qui en possèdent. Aujourd'hui, c'est vraiment la victoire de la société civile, des ONG et des centaines de personnes à travers le monde qui ont travaillé sur ces questions-là.

Qu'est-ce qui a poussé le comité Nobel à vous choisir, selon vous ?

Cela fait des années qu'on travaille sur ce traité d'interdiction des armes nucléaires. Jusqu'à présent, les armes nucléaires n'étaient pas reconnues comme des armes illégales : elles conservaient ce statut d'armes positives, de dissuasion, alors qu'elles font peser sur l'humanité un danger bien réel. On a réussi à faire prendre conscience à l'Onu et à l'immense majorité du monde de ce danger. C'est une première étape vers l'interdiction et l'élimination de ces armes, ce qui est bien sûr le but ultime.

Qu'est-ce que ce prix Nobel peut changer, concrètement ?

Concrètement, ce prix Nobel va faire que les parlementaires français, par exemple, ne pourront plus ignorer ce sujet. L'ignorer serait une honte. Ce prix permettra aussi de débattre de manière encore plus forte de ce sujet dans des Etats de l'Otan. Cela va pousser les gouvernements à s'obliger à réfléchir et à ouvrir la porte au débat.