Personnalité 2011 pour le Times : le Tunisien Mohamed Bouazizi

Le quotidien britannique Times a élu le jeune Tunisien Mohamed Bouazizi personnalité de l’année 2011. C’est lui qui est à l’origine de la révolution tunisienne et à l’origine de ce que les livres d’histoire retiendront sous le terme de printemps arabe.

(Nathanael Charbonnier Radio France)

Même dans ses rêves les plus fous, Mohamed Bouazizi, 26 ans,
mort par immolation le 17 décembre 2010, n’aurait jamais pu imaginer les
retombées qu’allait entrainer son geste. Jamais il n’aurait pu croire que des
millions de personnes descendraient dans la rue pour renverser gouvernements et
dictatures. Jamais, il n’aurait pu penser que ce moment de désespoir puisse donner à tous ces peuples le courage de se lever ainsi pour reprendre leur destin
en main.

A n’en pas douter, Mohamed Bouazizi est l’homme de l’année

  1. Il l’est pour le journal britannique Times qui a décidé de le mettre à la
    une des unes de l’année écoulée. Il l’est aussi dans le cœur de tous ces
    Tunisiens,  de tous ces Egyptiens, de tous
    ces Libyens et certainement plus que jamais de tous ces Syriens qui luttent
    aujourd’hui encore contre la terrible répression de la dictature de Bachar al-Assad.

Mohamed Bouazizi, héros à jamais de la ville de Sidi Bouzid

Mohamed Bouazizi, l’homme de l’année pour les journalistes
du célèbre journal, mais aussi le héros de tous les habitants de sa ville de Sidi
Bouzid dans le centre de la Tunisie. Héros pour ces hommes et ces femmes qui
ont connu ce jeune diplômé, condamné au chômage et malmené par les autorités
locales qui, ce jour de décembre 2010, lui ont confisqué les fruits et légumes qu’il
tentait tout simplement de vendre pour gagner sa vie honnêtement.

Mohamed Bouazizi, homme de l’année pour avoir osé se
rebeller contre une autorité arbitraire. Mohamed Bouazizi, homme de l’année
2011 et des années à venir. C’est en tout cas le souhait de sa mère qui
rappelle que rien ne se serait passé sans son fils et qui n'espère qu’une chose.
Que les gens qui vont gouverner la Tunisie garderont son nom en mémoire et qu’ils
prendront en considération tous les Tunisiens, y compris les plus pauvres.