Un pédophile français avait déjà été gracié au Maroc

Le roi du Maroc a annulé la grâce d'un pédophile espagnol après des manifestations de colère. Mais en 2006 déjà, un Français coupable de pédophilie avait aussi bénéficié de sa clémence.

Mohammed VI, roi du Maroc, lors d\'un discours pour l\'anniversaire de sa montée sur le trône le 30 juillet 2013.
Mohammed VI, roi du Maroc, lors d'un discours pour l'anniversaire de sa montée sur le trône le 30 juillet 2013. (MOROCCAN PRESS AGENCY)

Le roi du Maroc, Mohammed VI, acculé par la pression des manifestations, a annulé la grâce de Daniel Galvan Vina 48 heures après l'annonce de cette décision. La libération de ce délinquant sexuel, condamné pour avoir violé onze mineurs de son entourage, avait poussé les Marocains dans la rue. Cette grâce n'est pourtant pas une première. En 2006, un pédophile français avait retrouvé la liberté dans des conditions similaires, dans l'indifférence générale.

"C'était un agent immobilier qui a purgé deux ans de prison avant d'être gracié par le roi", explique à francetv info Najat Anwar, présidente de l'association Touche pas à mon enfant. Le Français a été reconnu coupable en 2005 du viol d'un mineur âgé de 15 ans, ainsi que de la détention de plus de 140 000 vidéos et 17 000 photos à caractère pédopornographique. Il avait écopé d'une peine de quatre années de prison avant d'être gracié par le roi du Maroc. Publié par le site WikiLeaks, un câble diplomatique du Consulat américain à Casablanca évoquait cette affaire en 2010. 

"Les prisonniers politiques, eux, restent enfermés"

"Nous avions parlé de cette affaire en 2006 et seul un journal avait relayé l'information. On voit que les choses ont changé aujourd'hui", ajoute-t-elle. Selon Najat Anwar, le tabou de la pédophilie est à présent dépassé au Maroc. La militante dédouane cependant le roi Mohammed VI des deux libérations, en parlant d'une erreur de la commission des grâces. 

Contacté par francetv info, Ayad Ahram, secrétaire général de l’Association de défense des droits de l’homme au Maroc, constate avec amertume que "le roi gracie des pédophiles alors que des prisonniers politiques sont toujours enfermés dans le pays." Il s’interroge également sur les pays d’origine des deux criminels : "Des étrangers qui viennent de pays influents dans la région ont été graciés. Je ne dis pas qu’il y a forcément des intérêts politico-stratégiques derrière ces libérations, mais la question mérite d’être posée."