"Je hais le gouvernement" : aux Pays-Bas, les anti-restrictions profitent des élections législatives pour se faire entendre

Les néerlandais votent pendant trois jours pour élire leurs députés. Un premier test de la politique sur le coronavirus pour un gouvernement européen. Le Premier ministre est le grand favori malgré les contestations.

Article rédigé par
Angélique Bouin - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Place des Musées, à Amsterdam, la police déloge les manifestants anti-restrictions le 28 février 2021. (EVERT ELZINGA / ANP)

Du 15 au 17 mars, les néerlandais sont appelés aux urnes pour élire leurs députés, un scrutin qui se déroule sur trois jours pour limiter le risque de contagion. Après un an de crise sanitaire, c'est le premier test majeur de la politique d'un gouvernement européen. Le Premier ministre libéral Mark Rutte est favori pour un quatrième mandat malgré les violentes contestations contre les restrictions.

"Toutes ces restrictions contre le Covid ne servent à rien. Je hais le gouvernement, ils sont fous, ils veulent nous contrôler."

Johnny

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Depuis plusieurs semaines, les opposants au Premier ministre se donnent rendez-vous chaque dimanche sur la place des Musées d'Amsterdam. Des rassemblements qui se déroulent sous forte pression policière. Sur place, pas de slogans ni de cris, les arrestations sont immédiates en cas de dérapage, comme ce manifestant sommé d'éteindre sa musique, entouré de deux policiers. Pas très loin, Hugo, pancarte qui dénonce une dictature dans les mains, enrage. "Le gouvernement a un système fasciste et autoritaire", explique l'homme d'une cinquantaine d'années, anti-restrictions, anti-couvre feu et anti-vaccin.

Affrontements avec la police

Johnny lui, scande "il faut se débarasser de Rutte (le Premier ministre)". L'adepte des théories du complot vient manifester pour la neuvième fois et selon lui "personne ne porte le masque, personne ne respecte les distances, et ils ne tombent pas malades ! ". Il milite pour le candidat d'extrême droite Gueert Wilders, qui capitalise sur la colère des néerlandais.

Pour certains habitants, contre les restrictions comme Hugo ou Johnny, la mise en place du couvre-feu à 21 heures à la fin du mois de janvier a été la goutte d'eau. À la suite de ces annonces, certains villes ont connu des pillages et des attaques contre des centres de tests. Anita, guide touristique qui a perdu son travail, dénonce cette violence mais comprend la révolte. "C'était des jeunes enfermés pendant plus d'un an. Ils en ont ras le bol, sont en colère et n'ont plus de boulot. Ça fait beaucoup quand tu as 18 ans, beaucoup de gens sont fatigués". Antia votera contre le gouvernement de Mark Rutte, mais sans se faire d'illusions.

"Pendant toute cette crise du corona, Mark Rutte a montré cette personnalité très conviviale mais responsable."

Teis Beurman

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Le Premier ministre est en effet assuré de sa réélection. Pour l'ex-eurodéputé Teis Beurman, il est populaire parce qu'il rassure. "Les gens lui souhaitent encore un mandat pour nous tirer d'affaire de ce virus" analyse l'observateur de la vie politique qui ajoute qu'ils "ne regardent pas tellement le programme du parti, même pas le scandale qu'il y a eu". Un scandale administratif au mois de janvier, dans lequel des milliers de familles ont été accusées à tord de fraude et qui a conduit à la démission du gouvernement de Mark Rutte.

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