Gaza : "Les Israéliens se moquent du droit international", selon Majed Bamya, diplomate palestinien

Au moins seize personnes ont été tuées vendredi par l’armée israélienne à la frontière de la bande de Gaza. "Des crimes en matière de droit de l'homme", a déclaré samedi sur franceinfo Majed Bamya, diplomate palestinien.

Des manifestants palestinens dénoncent le strict blocus de Gaza par Israël, vendredi 30 mars 2018 à la frontière avec l\'Etat hébreu. 
Des manifestants palestinens dénoncent le strict blocus de Gaza par Israël, vendredi 30 mars 2018 à la frontière avec l'Etat hébreu.  (SAID KHATIB / AFP)

De violents affrontements ont eu lieu à la frontière de la bande de Gaza, vendredi 30 mars, causant la mort d'au moins seize personnes, tuées par l’armée israélienne. "En matière de droit de l’homme, cela constitue des crimes", a déclaré, ce samedi sur franceinfo, Majed Bamya, diplomate palestinien à la mission de l'État de Palestine auprès des Nations unies. "Les Israéliens se moquent du droit international", a ajouté le diplomate.

Ces Palestiniens ont été visés alors qu’ils participaient à la "marche du grand retour". Un mouvement qui doit durer six semaines pour réclamer le droit au retour des réfugiés palestiniens et dénoncer le blocus de Gaza.

L'ONU réclame une enquête

En réaction, l’ONU a réuni son conseil de sécurité et demandé une enquête indépendante. Une procédure dans laquelle Majed Bamya fonde peu d’espoir, rappelant qu’Israël "n’a jamais été punie pour ce genre de crimes".

On a la colonisation qui est un crime d’Etat et là aussi on a des Israéliens qui se moquent du droit international et du système internationalMajed Bamya, diplomate palestinienfranceinfo

"L’appel est le bon, mais après, il faut des actions et cela le Conseil de sécurité de l’ONU est empêché de le faire à cause d’une opposition systématique américaine à toute action sérieuse contre l’occupation israélienne", a détaillé le diplomate.

"Il faut mettre fin à l'impunité d'Israël"

À l'approche de l’ouverture de l'ambassade américaine à Jérusalem - prévue le 14 mai, jour du 70e anniversaire de la proclamation de l'Etat d'Israël -, le diplomate dénonce "une administration américaine qui elle-même viole le droit des Palestiniens et encourage les Israéliens à poursuivre la colonisation. Ca ne peut que créer des tensions et créer cette situation où Israël ne se sent pas comptable de ses actes mais, là encore, tout le reste du monde n’a pas pris de mesures sérieuses", déplore encore Majed Bamya.

Quant à une sortie de crise, le diplomate estime que "si on veut la paix, il faut mettre fin à l’occupation, si on veut mettre fin à l’occupation, il faut mettre fin à l’impunité d’Israël, sinon ça continuera à être un conflit ouvert", conclu Majed Bamya.