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Gaza : l'humour noir contre les coupures d'électricité

Dans la bande de Gaza, sous blocus israélien et égyptien, on n'a pas d'énergie mais on pratique l'humour. Un humour noir.
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France Télévisions
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Vidéo parodique du groupe Tashweesh avec l'acteur Mahmmoud Zeiter (Gaza, le 5 février 2014). (AFP/Youtube/Tashweesh)

Une vidéo postée sur Youtube par un groupe de jeunes comédiens gazaouis fait un carton. «Van Damme Gaza» a dépassé le 1/2 million de vues. Un pastiche d'une publicité pour une marque automobile dans laquelle Jean-Claude Van Damme fait le grand écart entre deux semi-remorques.

En version palestinienne : Mahmoud Zouiter, un acteur de 28 ans, exécute la même cascade mais sans danger. Faute de carburant, les voitures roulent au ralenti. «Van Damme n'est pas forcément meilleur que moi, mais le problème c'est qu'il n'y a pas d'essence en ville». A Gaza, «l'électricité est coupée 12 heures pendant la journée et quand il n'y a pas de courant, il n'y a pas d'eau. J'aimerais bien prendre une douche» ironise-t-il.

1,7 millions de Palestiniens vivent à Gaza. Depuis 2007, Israel et l'Egypte imposent un blocus qui limite de façon drastique les importations des produits de base. Le siège a également anéanti le système de santé et de nombreux médicaments vitaux sont épuisés. 

Après son coup d'Etat militaire en juillet 2013, l'armée égyptienne a démoli presque tous les tunnels par lesquels étaient acheminés le carburant et la nourriture... Conséquences : les coupures d'électricité peuvent atteindre 18 heures. La crise de l'énergie a perturbé les systèmes d'eau, provoquant des pénuries d'eau potable et l'inondation des rues par les eaux usées. L'Office de Secours des Nations-Unies pour les réfugiés de Palestine prévoit que Gaza pourrait être inhabitable dans sept ans.

Tashweesh («brouiller» en arabe) est un groupe de comédiens, le permier du genre à Gaza, célèbre dans l'enclave palestinienne et même au-delà. Ils sont six bénévoles qui produisent des sketches, scénarios et clips pour la télévision. «avec une caméra à 1 200 euros importée d'Egypte». «La crise de Gaza nous pousse à être créatifs, on n'a pas de matériel mais on a de la matière grise...et on n'a pas besoin d'argent pour avoir de bonnes idées» déclare Mahmoud Zouiter.

Et Zouiter n'est pas le seul à Gaza à se servir de l'humour noir. Et les sujets ne manquent pas : blocus, conflit avec israël, mariages précoces ou corruption locale.


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