Cet article date de plus de neuf ans.

Pakistan : l'ancien président Musharraf de retour dans un contexte tendu

Pervez Musharraf est rentré dimanche au Pakistan au terme d'une absence de près de quatre ans. L'ancien président qui souhaite se présenter aux prochaines élections législatives a été ouvertement menacé par des talibans pakistanais qui ont juré de l'assassiner.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
  (Reuters)

Un retour sous haute tension. Pervez Musharraf est rentré ce
dimanche au Pakistan après presque quatre années d'exil forcé. L'ancien
président, arrivé au pouvoir par un coup
d'Etat en 1999, a l'intention de se présenter aux élections législatives du 11 mai.

Sur son compte Twitter, il a publié cette photo quelques minutes après son arrivée au Pakistan. 

Parti dans la matinée de Dubaï, l'avion transportant l'ancien
président est arrivé à Karachi peu avant 13H00
locale. "Je ne me sens pas nerveux, mais je suis préoccupé par certaines
inconnues
" liées au "terrorisme ", à l'"extrémisme ",
aux "procédures judiciaires " (en cours contre lui) et "aux
élections
", a t-il déclaré avant de monter dans l'avion.

Il a également affirmé samedi au magazine allemand Der
Spiegel
qu'il comptait  "libérer "
le Pakistan du terrorisme.   

Des talibans pakistanais menacent de l'envoyer "en
enfer
"

Pervez Musharraf  avait
renoncé à ses fonctions de chef de l'Etat en 2008 après le revers subi aux
élections législatives. Le gouvernement formé après le scrutin menaçait en
outre de le destituer.
 

Il a quitté
l'année suivante le Pakistan, où la justice le soupçonne notamment de ne pas
avoir pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de l'ex-Premier
ministre Benazir Bhutto, assassinée en 2007.

Dans une vidéo diffusée récemment, des talibans pakistanais ont
menacé de l'envoyer "en enfer " à son retour d'exil. Samedi, le TTP, principal mouvement des rebelles
talibans pakistanais, allié à Al-Qaïda, a ainsi annoncé avoir "préparé un
commando de kamikazes spécialement pour
 Musharraf ".

Le TTP, qui dénonce l'alliance du Pakistan avec les
Etats-Unis
, initiée par M. Musharraf après les attentats du 11 septembre 2001, est considéré
comme le principal auteur de la vague d'attentats qui ont fait plus de 5.700
morts dans tout le Pakistan depuis 2007.

Un retour plusieurs fois différé

Lorsqu'il était président, Pervez Musharraf avait survécu à
trois attentats échafaudés contre lui par des groupes islamistes. Ces derniers sont très présents
dans ce vaste pays de 180 millions d'habitants, voisin de
l'Afghanistan.

L'ancien président pakistanais avait par le passé annoncé à
plusieurs reprises son retour au pays. Il s'est ravisé à chaque fois par crainte
d'être incarcéré dès son arrivée parce qu'il est visé par trois mandats
d'arrêt. La justice pakistanaise lui a garanti vendredi qu'il bénéficierait d'une
liberté sous caution, ouvrant la porte à son retour.

Une "alternative "

Pervez Musharraf se présente comme une
"alternative" aux partis classiques pour les élections du 11 mai. Mais
son alliance avec Washington après 2001 reste très critiquée. Et nombre d'observateurs politiques estiment qu'il a
perdu sa base électorale et qu'il ne devrait guère être en mesure de bouleverser le scrutin.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Monde

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.