Otages libérés : "Inimaginable qu'il n'y ait pas eu de contrepartie", selon certains spécialistes

Les sept otages français enlevés au Cameroun il y a deux mois ont été libérés vendredi matin. La famille Moulin-Fournier, dont quatre enfants, était détenue dans des conditions très dures par des membres de la secte islamiste nigériane Boko Haram. François Hollande a salué cette libération lors d'une conférence de presse, affirmant que la France n'avait versé aucune rançon. Une version que certains mettent en doute.

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François Hollande a parlé ce vendredi matin, lors d'une conférence de presse organisée à l'Élysée, de "soulagement" . La libération de la famille Moulin-Fournier, et de leurs quatre enfants, après leur enlèvement il y a deux mois dans le nord du Cameroun, est évidemment une bonne nouvelle pour leurs proches, et pour le chef de l'État lui-même. Toutefois, pas question pour l'instant de livrer des détails sur les conditions de cette libération. François Hollande s'est borné à "exprimer [sa] gratitude auprès des autorités concernées, aussi bien le président du Nigeria, que le président du Cameroun, M. Biya, qui a vraiment engagé tout ce qu'il était possible de faire" . Et, comme à chaque libération d'otages, la thèse de la rançon versée est balayée d'un revers de la main.

Ce principe érigé comme ligne de conduite par le chef de l'État, certains spécialistes de ce genre d'affaire n'y croient pas. Impossible, par exemple, pour Serge Daniel, de croire que rien n'a été versé aux ravisseurs. Pour le journaliste (et auteur de l'ouvrage AQMI - L'industrie de l'enlèvement ), "la demande de rançon n'est jamais officielle".  Pour autant, même s'il ne pense pas que la France a directement versé de l'argent aux ravisseurs, l'aide des alliés, elle, a très bien pu se négocier.

Un scénario qui reste bien entendu hautement hypothétique pour l'instant. Pour Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique, Boko Harma n'est pas AQMI, et les exigences de la secte islamiste étaient claires : la libération de prisonniers détenus au Cameroun. Et la négociation a certainement été menée par le président camerounais Paul Biya sur ce plan-là.

Ce qui est sûr, c'est que l'État français ne devrait pas livrer de détails sur les négociations menées pendant deux mois. Comme l'a rappelé François Hollande, dans ce genre d'affaire, la discrétion reste la première des vertus. Sans compter que sept Français restent encore entre les mains de ravisseurs à travers l'Afrique.