Nucléaire iranien : un "accord positif, mais encore du travail" (Fabius)

Le ministre français des Affaires étrangères a qualifié de "positif" l’accord d’étape finalement négocié jeudi à Lausanne tout en soulignant la suite du parcours à accomplir.

("Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ici à gauche, a souligné le caractère incomplet de l'accord négocié sur le nucléaire iranien © MaxPPP)

Au terme de huit jours de négociations marathon à Lausanne, l'Iran et les grandes puissances ont conclu jeudi un accord d'étape. Il vise à encadrer les activités nucléaires de l'Iran pendant dix ans au moins. L’accord politique devra désormais être concrétisé par un règlement définitif global sur le programme nucléaire de Téhéran, le 30 juin au plus tard. Toutes les sanctions actuelles contre l'Iran restent en place jusqu'à un accord final.

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Un accord fragile et incomplet

Le compromis a été négocié entre le gouvernement du président Hassan Rohani et les pays P5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France,Grande-Bretagne, Allemagne). L’étape franchie jeudi a été qualifiée de positive par Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française. Le ministre des Affaires étrangères a toutefois mis l’accent sur le caractère partiel de l’accord.

"Le fond de l’accord, c’est permettre à l’Iran d’utiliser l’énergie nucléaire civile, mais la bombe atomique, non. Il y a encore des avancées à faire parce que si l’Iran ne respecte pas ses engagements, il faut qu’on puisse revenir aux sanctions économiques qui actuellement existent."

"C’est le début d’un nouveau processus, on n’est pas encore au bout du chemin" : Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères
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Craintes en Israel

François Hollande s'est félicité de l'accord tout en soulignant que Paris veillerait à ce que l'accord final soit respecté. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a comparé l’accord à ceux sur la réduction des arsenaux nucléaires conclus par ses prédécesseurs avec l'Union soviétique et qui ont permis de réduire les tensions pendant la Guerre froide. Le président américain avertit aussi que "le succès n'est pas garanti ".

De son côté, le Premier ministre israélien a fait part de ses craintes. "L’accord ne bloquerait pas la voie de l’Iran vers la bombe, mais l’ouvrirait" a déclaré Benjamin Netanyahu, selon des propos rapportés par son porte-parole.