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NSA : les Etats-Unis vont-ils arrêter d'écouter leurs alliés?

D'après l'agence américaine AP, Barack Obama "réfléchirait" à stopper les écoutes de l'agence de sécurité américaine, la NSA. Et si aucune décision n'aurait été arrêtée par le président jusqu'à présent, les critiques sont de plus en plus fortes à son égard. Ce mardi, c'est la présidente de la puissante commission du renseignement du Sénat américain qui s'est opposée aux agissements de la NSA. 
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Radio France
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 (Reuters)

"Nous leur donnons des instructions ", a expliqué Barack Obama. "Mais ces dernières années nous avons vu leurs capacités se développer et s'étendre ".

On pourrait penser à un film de science-fiction, dans lequel la machine serait devenue hors de contrôle pour le créateur. Mais le président des Etats-Unis parle bien, ici, de l'Agence de sécurité nationale (NSA). 

Distinguer capacité d'espionnage et actions

Les révélations sur l'espionnage mené par la NSA de plusieurs dirigeants européens, dont la chancelière allemande Angela Merkel, ont contraint la Maison blanche à promettre des réformes et à reconnaître que la surveillance électronique menée par les Etats-Unis était peut-être allée trop loin.   

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La présidence américaine avance un tout petit pas et promet plus de discernement. Il faut écouter qui l'on doit et non pas qui l'on peut, formule embarassée du porte-parole de la maison blanche. Barack Obama, dans un entretien à une chaine de télévision américaine, a ainsi expliqué qu'il avait lancé un "réexamen " des opérations de la NSA "pour être certain que ce qu'ils sont capables de faire ne devienne pas ce qu'ils doivent faire ". 

Aucune décision arrêtée jusqu'à présent

Par le biais du porte-parole de la Maison-Blanche, le président américain a également fait savoir qu'il reconnaissait "la nécessité de restrictions supplémentaires sur la manière dont nous collectons et dont nous utilisons le renseignement ".

D'après l'agence de presse américaine AP, ce lundi matin, Barack Obama réfléchirait ainsi à stopper toutes les écoutes sur les dirigeants mondiaux. L'information, qui provient d'une source anonyme à l'intérieur de l'administration américaine, explique qu'aucune décision n'a été arrêtée pour l'instant. 

La commission du Renseignement opposée aux écoutes

Le Sénat américain va lui bien plus loin que la Maison-Blanche. La présidente de la puissante commission du renseignement, Dianne Feinstein, a indiqué lundi être farouchement opposée à l'espionnage de dirigeants alliés des Etats-Unis. 

"En ce qui concerne la collecte de renseignement sur les dirigeants des alliés des Etats-Unis - dont la France, l'Espagne, le Mexique et l'Allemagne - je le dis sans équivoque: j'y suis farouchement opposée" (Dianne Feinstein)

Dianne Feinstprésident américain n'était pas au courant des écoutes sur la chancelière Angela Merkel, contredisant les informations du journal allemand Bild. "D'après les éléments dont je dispose, le président Obama n'était pas informé du fait que les communications de la chancelière Angela Merkel étaient recueillies depuis 2002. C'est un gros problème ", a-t-elle expliqué.

Qui est au courant des écoutes ? 

Barack Obama savait-il ? La question reste en suspens : la NSA affirme ne pas avoir informé le Président américain, alors que le Wall Street Journal a publié un article indiquant que Barack Obama avait stoppé ces écoutes dès qu'il avait appris leur existence.

Mais dans ce cas, qui était au courant ? Des informations fuiteront peut-être de l'audition publique de mardi après-midi : plusieurs hauts dirigeants du renseignement américain, dont le directeur de l'Agence nationale de la sécurité, doivent être entendus par une commission de la Chambre des représentants. 

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