Niveau des océans : une montée des eaux de 51 à 130 cm jugée "crédible"

Selon les prévisions de l’académie américaine des sciences, le niveau des océans va monter de 51 à 130 cm d’ici 2100. Une prévision jugée "crédible" par un climatologue du Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiale.

(La fonte des glaciers est à 70% causée par des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique (ici en Antarctique) © MaxPPP)

"La montée est 5 à 10 fois plus rapide par rapport à ce que l’on a observé sur les 3.000 dernières années" , affirme Benoit Meyssignac, un climatologue du LEGOS. Un phénomène qu'il explique notamment par le "réchauffement des océans " qui fait se dilater les eaux, ainsi que par la fonte des glaciers "à 70% causée par des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique ".  Il juge donc "crédibles " les prévisions de l’académie américaine des sciences qui table sur une levée de 51 à 130 cm du niveau des océans d’ici 2100.

Des régions encore plus vulnérables

Si la montée des eaux est immuable, le récent accord de Paris sur le climat pourrait néanmoins la "ralentir de manière significative d’ici la fin du XXIe siècle ", selon le climatologue. S’il est difficile de dire à quoi ressemblera le trait de côte en 2100, on sait déjà qu’il "réagit à la montée des eaux ". Autre certitude, les régions en danger aujourd’hui seront "encore plus vulnérables " et cela même avec les prévisions les plus optimistes.

Selon l'étude publiée lundi dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences, le niveau des océans monte plus rapidement depuis le siècle dernier que durant les trois derniers millénaires à cause du changement climatique.

14 centimètres entre 1900 et 2000

Ainsi, entre 1900 et 2000, les océans et les mers de la planète ont monté d'environ 14 centimètres sous l'effet de la fonte des glaces, notamment dans l'Arctique. Selon ces climatologues, sans la hausse de la température planétaire observée depuis le début de l'ère industrielle, la montée des océans aurait été moitié moindre au XXe siècle.