Cet article date de plus de cinq ans.

Sajida al-Rishawi, l'égérie de Daech exécutée par la Jordanie

En riposte à l’assassinat du pilote jordanien par Daech, Amman a exécuté le 4 février 2015 deux djihadistes irakiens condamnés à mort, dont une femme. Sajida al-Rishawi était un symbole pour l’organisation islamiste.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Sajida al-Rishawi lors de son procès à Amman, en Jordanie, le 24 avril 2006. (AFP/ Agence Petra )
Elle devait mourir le 9 novembre 2005... Mais la ceinture explosive de Sajida al-Rishawi n'a pas fonctionné comme prévu.

Les autres kamikazes qui l'accompagnent ce jour-là à Amman tuent 60 personnes. Le triple attentat qui secoue le royaume hachémite est revendiqué par al-Qaïda en Irak.

Condamnée à mort pour terrorisme fin 2006, la jeune Irakienne âgée alors d'une trentaine d'années est envoyée en prison. La sentence n'est pas exécutée car le pouvoir jordanien veut faire bonne figure sur les questions des droits de l'Homme.
Selon une source de sécurité jordanienne, elle passe ses journées à lire le Coran et à regarder des télévisions islamiques.  
 
Une icône des djihadistes
Une décennie plus tard, Sajida al-Rishawi est de nouveau sous les projecteurs. Le 20 janvier 2015, l’organisation Etat islamique exige sa libération et menace d'exécuter deux otages, un journaliste japonais et un pilote jordanien.

Car la prisonnière irakienne est un symbole pour les islamistes de Daech. Comme eux, elle est issue du groupe d'Abou Moussab al-Zarkaoui, l'ex-chef d'al-Qaïda en Irak tué en 2006. Ses deux frères et l'un des ses beaux-frères sont morts dans des combats contre l'armée américaine en Irak. Une famille «exemplaire» pour les djihadistes.

Sajida al-Rishawi avec sa ceinture d'explosifs en novembre 2005. Capture d'écran de la télévision jordanienne. (AFP)

En la mettant sur le devant de la scène, les radicaux islamistes voulaient sans doute montrer qu'ils n'oublient pas leur «sœur» d'armes et en faire une héroïne.
Pour mener l'attentat à Amman en 2005, la djihadiste s'était munie d'un faux passeport. Et pour brouiller les pistes, elle avait épousé pour l'occasion l'un des kamikazes du groupe, Ali Hussein al-Chammari.

Sajida al-Rishawi n’est pas leur seule égérie. L’Etat islamique réclame aussi la libération d’une autre femme, une scientifique pakistanaise Aafia Siddiqui écrouée aux Etats-Unis. L’organisation avait proposé de l'échanger contre James Foley, l’otage américain assassiné en août 2014.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.