Le président d'Interpol visé par une nouvelle enquête pour "complicité de torture"

Ahmed Nasser Al-Raisi, dont la nomination à la tête de l'organisation policière avait fait polémique, est désormais visé par deux enquêtes.

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France Télévisions
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Le président d'Interpol, Ahmed Nasser Al-Raisi, le 23 novembre 2021 à Istanbul (Turquie). (OZAN KOSE / AFP)

Un nouveau front judiciaire pour le président émirati d'Interpol, Ahmed Nasser Al-Raisi. Déjà visé par une première enquête, il fait l'objet depuis fin mars d'une information judiciaire pour "complicité de torture" après la plainte en France de deux Britanniques. Le Parquet national antiterroriste a confirmé à l'AFP, mercredi 11 mai, avoir confié à un juge d'instruction parisien une enquête après une plainte avec constitution de partie civile sur des "tortures" et "détentions arbitraires" en 2018 et 2019 dont Al-Raisi se serait rendu complice en qualité de haut responsable policier des Émirats arabes unis (EAU).

Ce type de plainte permet en France d'obtenir la désignation quasi automatique d'un juge d'instruction, statutairement indépendant. Une source proche du dossier a donc tempéré auprès de l'AFP sur la "portée limitée", au début des investigations, d'une telle enquête. Les plaignants ont utilisé la compétence universelle de la France, qui permet à la justice tricolore d'engager des poursuites contre des personnes soupçonnées de torture si elles se trouvent en France. Al-Raisi s'est rendu depuis janvier à plusieurs reprises à Lyon, où est basée Interpol. Sollicitée, l'ambassade des Emirats arabes unis à Paris n'avait pas réagi mercredi dans l'immédiat.

"Il est responsable en dernier lieu"

Le premier plaignant, Matthew Hedges, est universitaire, spécialiste des Émirats arabes unis. Lors d'une conférence de presse à Lyon en octobre, il avait raconté les accusations d'espionnage dont il avait fait l'objet lors d'un voyage d'études pour préparer son doctorat, suite auxquelles il disait avoir été détenu et torturé entre mai et novembre 2018 et "forcé à de faux aveux". Condamné à la perpétuité en novembre 2018, il avait été gracié moins d'une semaine plus tard, sous la pression internationale.

Lors de la même conférence, Ali Issa Ahmad, un agent de sécurité,, avait quant à lui rapporté avoir été battu à plusieurs reprises et même poignardé lors d'un séjour d'un mois en détention entre janvier et février 2019 dans l'émirat de Sharjah. Le motif, selon lui, est qu'il aurait supporté trop ostensiblement l'équipe du Qatar lors d'un match de la coupe d'Asie. Pour les plaignants, Al-Raisi "est responsable en dernier lieu pour les tortures perpétrées sur eux par les forces de police émiraties" et "rien de cela n'aurait pu se produire sans sa connaissance et son implication".

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