Irak: Daech vole des antiquités vieilles de 7.000 ans au musée de Ramadi

A l’approche des troupes de l’organisation l’Etat islamique, les responsables du musée de Ramadi ont juste eu le temps de vider les caisses dans leur fuite précipitée. Et laissé derrière eux des œuvres datant de 7.000 ans. Les membres de Daech n’avaient qu’à se servir, ce qu’ils ont fait, pillant le musée de ses œuvres, le 17 juin 2015. Les forces gouvernementales veulent reconquérir la ville.

Le musée de Ramadi.
Le musée de Ramadi. (Capture d'écran/Sharq Al Awsat)

Ils ne détruisent plus les œuvres archéologiques et les anciens manuscrits, ils les volent. Le marché noir des antiquités ne se serait jamais aussi bien porté. La scène se déroule il y a environ deux semaines. L’influent quotidien Asharq Al-Awsat (Moyen-Orient), à l’origine de la révélation, a recueilli les témoignages de certains responsables et relate la peur panique qui a saisi les défenseurs de la ville de Ramadi, à 100 km à l’ouest de Bagdad, à l’approche des forces de l’Etat islamique.

Les responsables ont transporté l'argent du musée à al-Khalidia et Habbaniyah, deux villes sous contrôle du gouvernement irakien. Le musée abandonné, il ne restait plus aux combattants de Daesh qu’à détruire les œuvres comme ils l’avaient fait à Mossoul ou… à s’en emparer. Ils ont pris la seconde option.

 
Selon le directeur du musée, Mohamed Salah al-Ani, les plus belles œuvres culturelles d’Irak, datées entre 5.000 et 7.000 ans, étaient entreposées dans le bâtiment. Les joyaux de la ville de Hit, ville antique dont les réseaux hydrauliques ont servi à la construction de Babylone, ont disparu du musée. Les forces loyalistes irakiennes sont massées autour de Ramadi en vue d'une attaque d'une grande ampleur pour la reprendre aux combattants de Daech. 

 
Jusqu’à présent, l’Etat islamique ne faisait pas dans la demi-mesure concernant les œuvres antéislamiques. Il les détruisait au bulldozer ou par le feu. En février 2015, Daech a organisé le plus grand autodafé du XXIe siècle : des centaines d’œuvres antiques, des manuscrits et des vieux journaux ont été brûlés publiquement.

Dans la même ville, le même mois, quelques jours après l’autodafé, le groupe armé Etat islamique a mis en ligne une vidéo montrant des hommes détruisant à coups de masse des statues, notamment celle de Sargon, roi assyrien du VIIe siècle avant JC.
 
En prenant la ville de Palmyre en mai 2015, le monde s’attendait à voir la ville antique subir le massacre au bulldozer du patrimoine mondial. L’organisation n’est finalement pas passée à l’action. Jusqu’ici.