Deux femmes saoudiennes aux JO, une première

L'Arabie Saoudite a finalement cédé à la pression internationale en envoyant pour la première fois une délégation de deux femmes. Le Comité international olympique s'est, pour sa part, plié aux exigences du royaume de mettre en place un label islamique.

La judoka saoudienne est devenue la star des JO malgré elle.
La judoka saoudienne est devenue la star des JO malgré elle. (REUTERS/Kim Kyung Hoon)

Tenue islamique, accord d’un parent pour participer aux Jeux, présence d’un proche à Londres et non-mixité. C’est ce que l’Arabie Saoudite avait exigé du CIO pour envoyer deux femmes à la compétition. Un label islamique en quelque sorte. Le Comité a donné finalement son accord.

La judoka Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Sharkhani est entrée en compétition vendredi dernier la tête couverte d'une sorte de bonnet, alors que normalement le réglement l'interdit. Même si la jeune athlète de 16 ans a passé seulement 82 secondes sur le tatami, ce combat symbolique a été très suivi. 

Sa collègue Sarah Attar, qui courra le 800 m, a fait sa première apparition mercredi 8 août. Pourtant, elle ne connaîtra pas les mêmes problèmes que la judoka puisque la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) autorise les têtes couvertes.

Sarah Attar, première Saoudienne alignée en athlétisme


afpfr, 8-8-2012

 

«Un meilleur équilibre entre femmes et hommes»
«Le CIO n'a eu de cesse de lutter pour obtenir un meilleur équilibre entre hommes et femmes aux jeux Olympiques, et la nouvelle  d'aujourd'hui peut être vue comme le signe d'une une évolution encourageante.  Avec ces athlètes saoudiennes qui rejoignent leurs consœurs du Qatar et de  Brunei, à Londres, tous les Comités olympiques nationaux auront ainsi envoyé  des femmes aux Jeux Olympiques », avait déclaré Jacques Rogge, président du CIO.

Les deux sportives saoudiennes viennent remplacer la cavalière Dalma Rushdi Malhas qui ne s’est pas qualifiée. Pendant très longtemps, le royaume ultraconservateur avait expliqué l’absence des sportives féminines des JO par le manque de talents dans leur pays. Ce que les quelques sportives du pays ont démenti lors de nombreuses compétitions régionales.

L'Arabie saoudite, le Qatar et Brunei étaient jusqu'a présent les trois seuls pays à n'avoir jamais envoyé de femmes aux JO.

L’arrivée des athlètes à Londres est perçue comme une grande victoire pour à peine une poignée de Saoudiennes. Amnesty international signale que des millions d’entre elles sont encore exclues du sport féminin, interdit en public. Les sportives qui réussissent à braver l’interdit, elles, craignent une répression accrue à la suite de cet épisode olympique.