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Arabie Saoudite : les défenseurs des droits de l’Homme systématiquement muselés

Un militant saoudien des droits de l’Homme, Abdel Aziz al-Shubaily, a été condamné le 29 mai 2016, à huit ans de prison. Il est l’un des 11 membres fondateurs de l’organisation ACPRA (Hasem en arabe). Tous les autres sont déjà sous les verrous.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.

La boucle est bouclée. Le dernier membre actif de l’association saoudienne des droits civils et politiques ACPRA n’est plus libre.
Abdel Aziz al-Shubaily, 31 ans, a été condamné à huit ans de prison pour «incitation à enfreindre l’ordre public» et «accusations de répression contre les forces de sécurité». Autrement dit, pour avoir critiqué la situation des droits Humains dans son pays. Le verdict a été prononcé en vertu d’une loi antiterroriste.
 
L’ACPRA, une association qui dérange
L’association ACPRA fondée en 2009 par une dizaine de personnes militait pacifiquement en faveur de la liberté d’expression et réclamait ouvertement des réformes politiques. Elle a été interdite en 2013 et la plupart de ses membres fondateurs purgent actuellement de lourdes peines de prison. Parmi eux notamment, Sulaiman Al Rashudi, un ancien juge de 80 ans, et Mohamed Qahtani, un professeur d’économie.

Prisonniers d’opinion
Au royaume wahhabite, l’association ACPRA et ses membres ne sont pas les seuls à faire les frais d’une politique répressive en matière des droits de l’Homme. Le blogueur Raïf Badaoui a été condamné à 10 ans de prison pour avoir créé un site encourageant le débat public. Son beau-frère, l’avocat Waleed Abu Al Khair, spécialisé dans la défense des droits humains, est lui aussi derrière les barreaux depuis 2014.


 
Une nouvelle loi mais…
En novembre 2015, l’Arabie Saoudite a adopté une nouvelle loi sur les associations censée garantir «la participation du citoyen dans la gestion et le développement de la société». Mais le nouveau texte accorde de vastes pouvoirs discrétionnaires au gouvernement qui peut dissoudre toute association considérée comme «portant atteinte à l’unité nationale», comme le précise l’association Amnesty international.
 
 
En envoyant en prison les défenseurs des droits de l’Homme, les dissidents ou les blogueurs, l’Arabie Saoudite va à l’encontre des principes qu’elle est censée respecter : le royaume préside depuis fin 2015 le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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