Arabie Saoudite : la menace Ebola plane sur le pèlerinage de La Mecque

Alors que l’Arabie saoudite accueille depuis fin septembre des centaines de milliers de pèlerins musulmans pour le Hajj, cinquième pilier de l'islam, et qu’Ebola ravage l’Afrique de l’Ouest, la question de la propagation du virus préoccupe les autorités saoudiennes.

Pèlerins musulmans autour de la Kaaba à la Grande Mosquée, pendant le pèlerinage annuel du Hadj à La Mecque, en Arabie Saoudite.
Pèlerins musulmans autour de la Kaaba à la Grande Mosquée, pendant le pèlerinage annuel du Hadj à La Mecque, en Arabie Saoudite. (REUTERS / Muhammad Hamed)
Les lieux saints de La Mecque et de Médine sont aujourd’hui aux premières loges dans le risque de diffusion d’Ebola (3000 morts). Mais aussi du coronavirus MERS. Sachant que le royaume est le premier foyer dans le monde (317 morts depuis son apparition en 2012), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé, en juin 2014, la plus grande vigilance.
 
Il faut bien dire que le pèlerinage, qui confine dans un espace délimité des centaines de milliers de personnes (983.362 personnes étaient entrées dans le pays le 23 septembre), «constitue un facteur accentuant les risques d'infections et d'épidémies», a reconnu fin septembre une autorité sanitaire du pays.
 
Pour limiter au maximum les risques, Ryad a interdit le pèlerinage aux ressortissants du Libéria, de Guinée et de Sierra Leone, pays les plus touchés par Ebola. Une exclusion qui ne compte pas le Nigeria (huit morts).
 
Des mesures préventives 
L'Arabie Saoudite a également déconseillé le pèlerinage aux personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques. Un vœu pieux aussi peu écouté que le sont les recommandations élémentaires de l'OMS en matière d'hygiène, comme le lavage des mains.
 
Quoi qu’il en soit, le ministère de la Santé saoudien a mis en place un centre pour coordonner la prévention avec une dizaine de médecins prêts à gérer l’urgence au cas où... Et réquisitionné 640 personnels médicaux et techniques, munis de caméras thermiques, et a priori capables de contenir une éventuelle propagation durant la manifestation.
 
Un dispositif qui s’accompagne de formalités pour chaque arrivant qui doit déclarer s’il a séjourné dans un pays touché par Ebola voire même s'il a été en contact avec une personne infectée. Quelque 600.000 formulaires ont déjà été enregistrés par les autorités.
 
Après les bousculades meurtrières et les incendies mortels, qui ont entaché le pèlerinage depuis plusieurs années, Ebola fait peser dorénavant une nouvelle menace sur ce grand rassemblement religieux.