Mouammar Kadhafi tué par les services secrets français ?

Selon des informations du journal italien Corriere della Sera, c'est un homme des services secrets étrangers et non un membre des brigades révolutionnaires libyennes qui aurait tué le colonel Mouammar Kadhafi. Le journal emploie le conditionnel et évoque la piste française.

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Les
circonstances exactes de la mort du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi le 20 octobre
2011 font l'objet de nouvelles spéculations. Officiellement, des rebelles
des brigades révolutionnaires libyennes ont arrêté puis abattu le Raïs d'une
balle dans la tête.

Mais le quotidien italien Corriere della Sera évoque un
autre scénario et donne du crédit à une théorie : les services secrets
français seraient responsables de la mort de l'ancien dirigeant libyen.

Un
officiel libyen relance la théorie du complot

Les
spéculations du journal italien partent d'une interview, jeudi dernier de Mahmoud
Jibril, ancien Premier ministre du gouvernement de transition et président du
Conseil exécutif du Conseil national de transition libyen (CNT). Cet officiel
affirme à la chaîne égyptienne Dream TV que "que beaucoup de parties
avaient intérêt à ce que Kadhafi se taise à jamais, car il avait plusieurs
secrets et avait noué d'étroites relations avec de nombreux régimes occidentaux
et arabes."

Et un agent
diplomatique d'ajouter, sous couvert d'anonymat dans le Corriere, que si
effectivement, il y a eu la main d'un homme des services secrets dans la mort
de Mouammar Kadhafi, ce serait* "presque certainement le Français",

  • ajoutant : "Sarkozy avait toutes les
    raisons d'essayer de faire taire le colonel et le plus rapidement possible"
    .

Une implication française ?

La responsabilité des services secrets français,
évoqué par les diplomates libyens est plausible. Nicolas Sarkozy avait renforcé
le soutien
à l'OTAN qui soutenait la révolution libyenne. Le 15 avril
2011, six mois avant la mort du dirigeant libyen, Nicolas Sarkozy affirmait
dans une tribune commune avec David Cameron et Barack Obama : "Kadhafi
doit partir, définitivement"
.

Enfin, en 2011, Kadhafi avait ouvertement menacé de révéler des informations
sur ses relations avec le président français.

En avril 2012, le site Mediapart révélait
un document attribué à Moussa Koussa, ex-ministre des Affaires étrangères de la
Libye. Il évoque un financement, par le régime de Mouammar Kadhafi, de la
campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, à hauteur de "50
millions d'euros"
. Une thèse également soutenue par un ancien haut dignitaire libyen.

Des affirmations jugées à l'époque "grotesques"
par le candidat qui a porté plainte contre le site internet.