Migrants syriens : après l'exil, la galère parisienne

Que deviennent les migrants syriens après la fuite obligée, après les odyssées chaotiques et dangereuses ? Un Syrien d'Alep, rejoint par sa famille à Paris, témoigne d’une galère sans fin.

(L'arrivée de migrants syriens ici en Italie ne signifie pas la fin de la galère © REUTERS/Antonino Condorelli)

Les 360 migrants syriens de l’Ezadeen arrivés vendredi soir en Italie ont été répartis dans des centres d’accueil. Ils viennent s’ajouter aux près de 1.600 réfugiés arrivés depuis le 20 décembre dans deux autres bateaux. Ce flux massif et continu représente le plus grand déplacement de population dans le monde depuis des décennies, assure le Haut-commissariat aux Réfugiés (HCR) des Nations Unies. 

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Certains Syriens ont trouvé refuge en France, où ils sont accompagnés notamment par l'association Revivre. Chaque samedi, ils se rassemblent dans le centre de Paris, près de la fontaine des Innocents.

Les papiers espérés ne sont plus valables

L’arrivée récente des bateaux en Italie rappelle à Bilal de douloureux souvenirs. Ce Syrien âgé d’une trentaine d’années était comptable, à Alep en Syrie. Il est arrivé en France il y a onze mois, fuyant la guerre.

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Bilal a d’abord rejoint la Turquie, puis la Grèce. Le voyage en mer, dans un petit bateau en compagnie d’une trentaine d’autres personnes lui couté 1.000 euros. Il a fallu qu’il rajoute 5.000 euros pour poursuivre son périple.

Après l’obtention de son statut de réfugié, sa femme et son fils de deux ans l’ont rejoint. Mais l’éclaircie de l’exil était provisoire. Le récépissé de Bilal n'est plus valable. En décembre, il n'a pas reçu les aides d’un montant d’environ 700 euros. Après deux mois dans la rue, il vient de trouver une chambre d'hôtel, un quotidien loin de l’évasion espérée et il parle d’ "une prison de trois mètres sur troi s".

La galère après l'exil : un reportage de Sandrine Etoa-Andegue auprès de réfugiés syriens à Paris
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Bilal explique que son parcours administratif à Pôle emploi et à la Caisse d’allocations familiales (CAF) est à présent bloqué, comme un statut dit-il de "sans-papiers ".

Un accueil à anticiper

L'interminable parcours, c'est tout le problème, selon l'association parisienne Revivre. Elle accompagne des réfugiés dans leurs démarches et son président d'honneur, Michel Morzière, pointe le problème de l’hébergement qui met ces personnes en perpétuelle galère. 

"Je sais que ça n’est pas simple, je ne suis pas angélique. Mais il faudrait déjà anticiper, c'est-à-dire commencer à organiser des possibilités d’hébergement d’urgence."

Selon l’association Revivre, 119 syriens ont demandé le statut de réfugiés en 2011. Ils étaient près de 2.300 trois ans après le déclenchement du conflit.