Migrants : Matteo Renzi menace l'Europe d'un plan B

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi veut faire pression sur les pays qui s'opposent au plan Juncker de redistribution des réfugiés en Europe, en proposant une série de mesures pour éviter aux migrants de se retrouver bloqués en Italie.

(Les gendarmes français ont repoussé des centaines de migrants à la frontière italienne le week-end dernier © MaxPPP)

Matteo Renzi est en colère. Le chef du gouvernement italien n'a pas apprécié l'attitude de la France, qui a refusé de laisser passer des centaines de migrants le week-end dernier, et qui sont restés bloqués dans la petite ville frontalière de Vintimille. Ces images ont choqué en Italie et Matteo Renzi est monté au créneau ce lundi. Il menace d'un plan B en vue du conseil européen des 25 et 26 juin prochain.

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"L'identité de l'Europe est en jeu ", a déclaré Renzi, qui chercherait à faire pression sur les grands pays européens, accusés de se cacher derrière les pays de l'Est, qui s'opposent au plan Juncker de redistribution des migrants. La France et l'Allemagne sont directement visées. 

Créer une Europe de l'immigration à deux vitesses

L'idée de Matteo Renzi serait de créer une Europe de l'immigration à deux vitesses.  Les pays fondateurs de l'Union Européenne pourraient ainsi étudier une demande de protection internationale présentée dans un autre pays membre, une démarche aujourd'hui impossible en raison des accords de Dublin. "Si l’Europe n’est pas seulement  la technocratie, mais le respect des valeurs des fondateurs, je ne vois pas comment on pourrait dire non ", aurait dit Matteo Renzi.

Permis d'identité provisoire et vols charters de retour

Le premier ministre italien a également dans sa besace une directive européenne de 2001 sur la protection temporaire des déplacés. L’Italie pourrait ainsi délivrer des permis provisoires d’identité pour permettre aux demandeurs d’asile de passer les frontières.

La presse italienne évoque aussi la piste du retour au pays d'origine pour les migrants interceptés par les navires de secours. Jusqu'à présent, ces réfugiés sont débarqués en Italie. Dans le même esprit, Renzi souhaiterait négocier des accords de coopération avec les pays d'origine en échange de vols charters de retour. L'objectif de toutes ces mesures étant d'éviter que trop de migrants ne se retrouvent bloqués en même temps sur le sol italien.

Dans les faits, l’Italie est déjà un pays de transit. Sur les 170 000 réfugiés arrivés l’année dernière, seuls 63 000 ont déposé une demande d’asile dans la péninsule.