#maplanète : sauver le climat avec nos épluchures de légumes

En Californie, scientifiques et agriculteurs pensent que le compost peut les aider à lutter contre la sécheresse qui frappe la région mais surtout à capter de le CO2 de l’atmosphère qui nous pose problème. Cela peut sembler un peu fou mais un consortium a investi 8 millions de dollars ces sept dernières années pour des recherches appelées Marin Carbon Project.

(Le compost fabriqué à partir des déchets des habitants de San Francisco doit être oxygène et arrosé pendant 60 jours © Anne-Laure Barral)

On sait que le sol peut être un puits de carbone grâce aux plantes qui captent le CO2 de l’atmosphère avec la photosynthèse, mais les sols peuvent aussi rejeter des gaz à effet de serre lorsqu’ils sont dégradés. De très sérieux chercheurs de l’université de Berkeley mais aussi un couple John et Peggy Wick, se sont pourtant associés il y a sept ans pour travailler sur cette idée simple.

Lui est éleveur et elle est l'héritière d’un empire de biotechnologie et ils ont fait le pari de tester une idée simple comment capter encore plus le CO2 de l’air dans le sol. Ils ont donc commencé à tester différent terrains en Californie dans le comté de Marine près de San Francisco. Ils ont mis du compost sur certaines prairies et  ils ont vu qu’il pouvait multiplier parfois par 8 la capacité du sol à stocker le CO2.

"C’était une nouvelle science. Avant on ne savait pas vraiment qu’en ajoutant du carbone dans le sol, sous forme de compost, on entraînerait ce cercle vertueux : les plantes poussent mieux, elles ont moins besoin d’eau et elles captent de en plus de CO2. On pense qu’il faut non seulement stopper nos émissions mais aussi retirer du carbone de l’air parce que nous avons largement dépassé la limite ", explique Calla Rose Ostander qui travaille sur le Marin carbon project

Quelque 300 tonnes de compost par jour fabriqués à San Francisco

Selon leurs premiers calculs, si l’on appliquait du compost sur un quart des prairies de l’état de Californie cela pourrait capter presque toutes les émissions de gaz à effet de serre produites en un an par ses habitants. Les scientifiques californiens viendront d’ailleurs présenter leurs premiers résultats à la conférence sur le climat à Paris à la fin de l’année.

"Si vous m’aviez demandé ce que je pensais du climat il y a cinq ans, je vous aurais dit que j’étais très pessimiste. Mais le Marin Carbon Project est le sujet le plus enthousiasmant pour moi sur la question ", sourit Kevin Drew, responsable du service environnement de la ville de San Francisco.

La ville fabrique en effet 300 tonnes de compost par jour sur son site de Jepson situé à deux heures de route. Au milieu de la Napa Valley, certains agriculteurs comme Bob Cannard ont compris il y a déjà bien longtemps les intérêts agronomiques du compost. "En mettant du compost on améliore la capacité de digestion du sol. Il retient mieux l’eau de pluie. Juste une unité de compost nous permet de retenir 35.000 litres d’eau par hectare ", explique Bob.

Moins d’eau pour irriguer les cultures alors que la Californie souffre de sécheresse, c’est un premier avantage. Bob fait aussi des économies puisqu’il n’achète plus d’engrais chimiques. Mais voilà qu’aujourd’hui il se voit en sauveur du climat alors que jusqu’à présent les agriculteurs étaient plutôt pointés du doigt comme des pollueurs.

(Bob Cannard a compris l'intérêt de mettre du compost dans ses cultures © Anne-Laure Barral)

Pour en savoir plus sur le carbone et le compost  ►►► Le site du compostage