Manuel Zelaya appelle à la rébellion

M. Zelaya est intervenu dimanche pour exiger de son armée qu'elle s'oppose au coup d'Etat dont il a été victime

Le président évincé du Honduras, Manuel Zelaya, le 6 juillet 2009 à Managua, au Nicaragua.
Le président évincé du Honduras, Manuel Zelaya, le 6 juillet 2009 à Managua, au Nicaragua. (© AFP/MAYERLING GARCIA)
M. Zelaya est intervenu dimanche pour exiger de son armée qu'elle s'oppose au coup d'Etat dont il a été victimeM. Zelaya est intervenu dimanche pour exiger de son armée qu'elle s'oppose au coup d'Etat dont il a été victime

Déchu de son poste le 28 juin, Manuel Zelaya s"est montré clairement déterminé à reprendre sa place à la tête du gouvernement hondurien. Dimanche, lors de son intervention diffusée sur Radio Globo, radio qui lui est favorable, il a demandé à son armée de rétablir l"ordre national depuis le « coup d"Etat » de Roberto Micheletti.

Il s"est notamment opposé à la prise de position contre lui du chef d"état-major du Honduras, Romeo Vasquez.

"En tant que commandant en chef des forces armées, je demande aux officiers patriotes de songer à leurs enfants, de songer à leur famille et de se rebeller contre Romeo Vazquez", a t-il déclaré.

Selon lui les généraux honduriens auraient trahis leur pays pour de l'argent.
Romeo Vasquez estime, quant à lui, que la destitution de Zelaya est parfaitement légale dans la mesure où ce dernier a tenté d'enfreindre la Constitution en voulant la réformer pour prolonger sa présence à la tête de l'Etat.

Hillary Clinton en ligne de mire

Le président déchu a une nouvelle fois adressé des critiques à l'égard de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, lui reprochant de ne plus employer le terme de "coup d'Etat" pour qualifier sa destitution.

"La position de la secrétaire d'Etat Clinton était ferme au départ. Désormais, j'ai le sentiment qu'elle ne dénonce plus vraiment le coup d'Etat et qu'elle ne s'oppose plus fermement à la répression que subit le Honduras", a affirmé M. Zelaya.

Le département d'Etat a indiqué que l'ancien président hondurien est attendu mardi à Washington, même si ce dernier déclare ne pas avoir été invité et ne pas prévoir de se rendre dans la capitale américaine cette semaine.

Le match de foot tourne au drame

Depuis le coup d"Etat le Honduras est un pays sous tension. Des affrontements quotidiens opposent les partisans du président destitué à ceux de son successeur. Dernière manifestation de cette situation de crise, le derby de football qui opposait ce dimanche les deux équipes de Tegucigalpa, Olimpia et Motagua. A la fin du match les supporters des deux clubs se sont affrontés violemment et ont échangé des coups de feu. Le bilan provisoire fait office d"au moins deux morts et de quinze blessés, selon les sources hospitalières locales.

"Ils ont échangé des tirs, y compris à l'arme automatique" a déclaré le porte-parole des sapeurs-pompiers Oscar Triminio. L'affrontement a duré "environ dix minutes, jusqu'à l'arrivée de renforts de police", a-t-il ajouté.