Mali : une attaque "sans précédent" contre les Casques bleus et les forces françaises à Tombouctou

L'ONU s'est dite victime d'une "importante attaque complexe" associant "mortiers", "échanges de tirs" et "attaque au véhicule suicide".

Un soldat de la Minusma à Tombouctou (Mali), en avril 2015.
Un soldat de la Minusma à Tombouctou (Mali), en avril 2015. (SEBASTIEN RIEUSSEC / AFP)

Des tirs de roquettes, des assaillants déguisés en Casques bleus montés à bord de véhicules piégés, des échanges de coups de feu... Les camps de la Minusma et de la force Barkhane à Tombouctou ont été la cible, samedi 14 avril, d'une attaque "sans précédent" qui a fait au moins un mort et une vingtaine de blessés, dont sept soldats français. L'assaut s'est produit peu après 14 heures (16 heures à Paris) sur le site aéroportuaire de cette ville légendaire du nord du Mali où sont cantonnés des Casques bleus de la Minusma et des hommes de l'opération française Barkhane.

Alors que les deux camps essuyaient une "dizaine de tirs de roquettes", des hommes portant des Casques bleus ont tenté de "s'infiltrer" dans la zone militaire à bord de deux véhicules piégés, a précisé dans un communiqué le ministère malien de la Sécurité. L'un des véhicules portait les couleurs des Forces armées maliennes (FAMas) et l'autre le sigle "UN" des Nations unies. Le premier "a explosé", tandis que le second "a pu être immobilisé".

"Une attaque qu'on n'avait jamais connue"

Selon la Minusma, un de ces Casque bleus a été tué lors d'"échanges de tirs". Il s'agit d'un Burkinabé, a appris franceinfo de source militaire. Une dizaine d'autres ont été blessés. Le ministère malien a indiqué que l'attaque avait également fait une "dizaine" de blessés "côté Barkhane""Les combats ont pris fin vers 18h30", plus de quatre heures après leur début, selon le ministère. Bamako et la Minusma ont assuré que la situation était à nouveau "sous contrôle". Sur Twitter, la force de l'ONU a évoqué une "importante attaque complexe" associant "mortiers", "échanges de tirs" et "attaque au véhicule suicide".

"C'est la première fois qu'il y a eu une attaque de cette envergure contre la Minusma à Tombouctou", a relevé une source sécuritaire étrangère. "C'est une attaque qu'on n'avait jamais connue", a confirmé un responsable du gouvernorat de Tombouctou.

Déployée au Mali en juillet 2013, la Minusma, qui compte environ 12 500 militaires et policiers, est actuellement la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus coûteuse en vies humaines. Elle avait, avant l'attaque de samedi, perdu plus de 160 Casques bleus, dont 102 dans des actes hostiles, ce qui représente plus de la moitié des soldats de l'ONU tués sur cette période dans le monde.