Mali : le président nomme Django Sissoko, médiateur de la République, nouveau Premier ministre

Il remplace Cheick Modibo Diarra arrêté à son domicile par des militaires dans la nuit de lundi à mardi 11 décembre.

Dioncounda Traoré, le président malien par intérim à Bamako, le 11 décembre 2012.
Dioncounda Traoré, le président malien par intérim à Bamako, le 11 décembre 2012. (HABIB KOUYATE / AFP)

MALI - Nouvelle donne dans la crise politique qui agite le Mali, quelques mois avant d'une potentielle intervention militaire internationale dans le Nord du pays, aux mains de groupes islamistes liés à Al-Qaïda. Après avoir accepté la démission de Cheick Modibo Diarra, arrêté par des militaires dans la nuit de lundi à mardi, le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a nommé, mardi 11 décembre, un nouveau premier ministre. Il s'agit de Django Sissoko, jusque là médiateur de la République depuis mai 2011. Le nouveau gouvernement serait connu "d'ici à la fin de la semaine".

Docteur d'Etat en droit, Django Sissoko a notamment été secrétaire général à la présidence de la République sous le régime de Moussa Traoré, renversé en 1991 après plus de 22 ans de pouvoir. Puis de 2008 à 2011 sous la présidence d'Amadou Toumani Touré, qui a été déposé par des putschistes en mars dernier. Cheick Modibo Diarra avait alors été nommé Premier ministre en avril. Connu pour ses prises de position en faveur d'une intervention militaire internationale pour reconquérir le nord du Mali, il a été arrêté par les putschistes du capitaine Amadou Haya Sanogo.

"Au lieu d'être le chef d'équipe pour conduire, il était quand même le point de blocage", s'est justitifé ce dernier dans un entretien à la télévision publique malienne. "J'aurai tout entrepris pour éviter une crise ouverte au sommet entre le président et le Premier ministre, parce que le seul objectif qui vaille, c'est le Mali", a expliqué de son côté le président par intérim Dioncounda Traoré dans une allocution télévisée. Sans entrer dans les détails de l'éviction de Cheick Modibo Diarra, assimilé à un "coup d'Etat" par André Bourgeot, chercheur au CNRS spécialiste du Mali, interrogé par francetv info.