Le Mali demande une aide militaire à la France

Le président Dioncounda Traoré a adressé jeudi une lettre à François Hollande lui demandant l'aide militaire de la France.

Défilé de soldats à l\'occasion des célébrations de l\'anniversaire de l\'indépendance, à Bamako, au Mali, le 22 septembre 2012.
Défilé de soldats à l'occasion des célébrations de l'anniversaire de l'indépendance, à Bamako, au Mali, le 22 septembre 2012. (HABIBOU KOUYATE / AFP)

Le Mali en appelle à l'ONU mais aussi à la France. Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a demandé l'aide militaire de la France pour repousser une nouvelle offensive des groupes armés islamistes, ont indiqué des diplomates jeudi 10 janvier. 

Cet appel du Mali intervient au lendemain de la chute de Konna, au terme d'affrontements acharnés entre armée malienne et islamistes. Cela constitue un revers majeur pour les forces gouvernementales, cette ville représentant le dernier rempart entre les insurgés et Mopti, la principale ville de la région. 

Que demande Bamako ?

La demande d'aide malienne est contenue dans deux lettres, adressées l'une au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et l'autre au président français, François Hollande. 

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a indiqué que Bamako avait "demandé un soutien extérieur, en particulier de la part de la France". Décrivant la lettre du président Traoré à François Hollande, elle a expliqué : "Elle disait en résumé : 'Au secours la France'." 

Quelle est la réponse de la France ? 

"Les décisions françaises seront annoncées à Paris" vendredi dans la journée, a déclaré l'ambassadeur français auprès de l'ONU, Gérard Araud. Selon Libération.fr, un Conseil restreint de défense va se réunir dans la matinée à l'Elysée autour de François Hollande et des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian. 

Pour le moment, Paris s'est seulement engagé à un "soutien technique" au Mali, dans les domaines de la logistique, de l'observation et du renseignement notamment. La France va ainsi garnir les rangs d'"un contingent européen de 400 militaires", qui "sera constitué (…) puis envoyé au Mali pour former l'armée malienne", a précisé le ministre de la Défense, fin décembre. Selon lui, "l'intervention militaire [de la force constituée par les Etats de l'Afrique de l'Ouest] pourra avoir lieu au premier semestre" 2013. Autorisée le 20 décembre, cette force de quelque 3 000 hommes prend du temps pour se mettre en place. 

Comment l'ONU a-t-elle réagi ?

Réunis jeudi en urgence à la demande de Paris, les 15 pays membres du Conseil de sécurité ont eux demandé un "déploiement rapide" de cette force africaine au Mali, pour faire face à la "grave détérioration de la situation" sur le terrain. L'ONU a également appelé les Etats membres "à aider les forces de défense et de sécurité maliennes à réduire la menace représentée par les organisations terroristes et les groupes affiliés" qui contrôlent le nord du pays. 

"Pour le moment, le Conseil a envoyé un message pour dissuader les terroristes d'avancer vers le sud" du Mali, en direction de la capitale Bamako, a ajouté Gérard Araud, qualifiant cette offensive des groupes islamistes "d'attaque terroriste". Si ce message n'est pas entendu, a-t-il ajouté, le Conseil "pourrait se réunir de nouveau ce week-end pour réagir plus fermement".