Mali : fin d'une sanglante prise d'otages dans un hôtel de Bamako

L'hôtel Radisson Blu a été le théâtre, toute la journée, d'une prise d'otages par des djihadistes se réclamant d'Al Qaïda. Il y aurait 21 morts dont deux des assaillants.

(Un client de l'hôtel Radisson évacué, ce vendredi © SIPA/AP/Harouna Traore)

Plus de neuf heures d'enfer. La prise d'otages de Bamako a pris fin en début de soirée. Les terroristes laissent derrière eux deux d'entre eux, et une vingtaine de victimes - le bilan est encore difficile à établir. 125 personnes sont actuellement prises en charge dans un centre sportif proche de l'hôtel. Sept autres ex-otages sont à l'hôpital, dont un dans un état grave.

Parmi les victimes, une Américaine, un haut fonctionnaire belge de la Fédération Wallonie-Bruxelles en mission à Bamako et trois ressortissants chinois. Le gouvernement a, dans la soirée, décrété l'état d'urgence "sur l'ensemble du territoire" pour dix jours.

Il était 7heures ce matin, heure locale (8h à Paris) lorsqu'au moins deux assaillants sont entrés, aux cris de "Allahu Akbar" ("Allah est grand"). La fusillade a débuté, à l'intérieur de l'hôtel Radisson Blu, qui compte quelque 200 chambres et accueille de nombreuses délégations étrangères - 14 nationalités étaient représentées, selon le ministère malien de la Sécurité intérieure. Selon la direction du groupe, 125 clients et 13 employés ont été pris en otage. 80 d'entre eux auraient pu s'enfuir à la mi-journée.

Les forces spéciales françaises en soutien

Aucun Français ne figure parmi les victimes, selon Jean-Yves Le Drian. Mais le ministre de la Défense ajoute aussitôt : "je reste très prudent, on n'a pas encore pu identifier toutes les victimes" . La vingtaine de Français qui était dans l'hôtel est en sécurité à l'ambassade.

L'assaut a été donné dans l'après-midi par les forces maliennes, appuyées - à la demande du Mali - par un détachement des forces spéciales françaises, venu de Ouagadougou, au Burkina Faso voisin. Une quarantaine de membres du GIGN est également arrivé sur place, "pour parer à toute éventualité", selon l'expression du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Immédiatement après l'assaut, le président Ibrahim Boubacar Keïta a salué le professionalisme des forces de défense et de sécurité, et remercié les pays amis pour leur assistance.

L'ombre d'Aqmi

L'assaut a été revendiqué par les djihadistes d'Al Mourabitoun, lié à Aqmi, Al Qaïda au Maghreb islamique- mais l'authenticité n'a pas pu être vérifiée. Le groupe est dirigé par l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, qui est "sans doute à l'origine de l'attentat" , selon Jean-Yves Le Drian, "encore qu'on n'en soit pas tout à fait certain" .

Jean-Yves Le Drian pointe du doigt la responsabilité d'Al Mourabitoun, dirigé par Mokhtar Belmokhtar.
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Dans la soirée, le groupe a envoyé une revendication à la chaîne Al-Jazeera : "Nous les Mourabitoune, avec la participation de nos frères (...) d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, revendiquons l'opération de prise d'otages à l'hôtel Radisson" .

Al Mourabitoune avait déjà revendiqué, en mars dernier, l'attaque d'un restaurant de Bamako prisé des étrangers, dans laquelle cinq personnes, dont un Français, ont été tuées.

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