Liu Xiaobo a dédié son prix Nobel de la paix aux morts de la place Tiananmen à Pékin en 1989

"Ce prix est dédié aux âmes perdues du 4 juin", a lancé le dissident chinois emprisonné, faisant allusion à la sanglante répression du "Printemps de Pékin", qui avait fait 5000 morts.Il a adressé ces propos à son épouse Liu Xia, venue lui rendre visite sous escorte policière dans sa prison du nord-est de la Chine.

La prison de Jingzhou où est détenu le prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiaobo, dans la province du Liaoning (nord-est)
La prison de Jingzhou où est détenu le prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiaobo, dans la province du Liaoning (nord-est) (AFP - GOH CHAI HIN)

"Ce prix est dédié aux âmes perdues du 4 juin", a lancé le dissident chinois emprisonné, faisant allusion à la sanglante répression du "Printemps de Pékin", qui avait fait 5000 morts.

Il a adressé ces propos à son épouse Liu Xia, venue lui rendre visite sous escorte policière dans sa prison du nord-est de la Chine.

Les paroles du premier citoyen chinois à se voir décerner le Nobel de la paix, ont ensuite été diffusées par l'ONG Human Rights in China (HRIC), dont le siège est à New York.
Selon HRIC, la rencontre entre les époux, dans cette prison de la province du Liaoning, a duré "environ une heure". Liu Xiaobo y purge une peine de 11 ans de réclusion pour avoir été l'un des auteurs de la "Charte 08", un texte qui réclamait une Chine démocratique. Ses convictions l'avaient déjà conduit à subir de longues périodes de détention, notamment dans les années 1990. Pendant le "Printemps de Pékin", il avait lui même avait pris part au mouvement et tenté de jouer les médiateurs entre les autorités et les étudiants.

Le détenu a assuré à sa femme que les morts de Tiananmen avaient donné leur vie "pour la paix, la liberté et la démocratie". "Lorsque la rencontre a touché à sa fin, il était en larmes", a affirmé HRIC.

De retour à Pékin, toujours sous bonne garde, son épouse, Liu Xia, a été "assignée à résidence", selon HRIC et une autre ONG, Freedom Now. "Des agents de la sûreté de l'Etat empêchent Liu Xia d'entrer en contact avec les médias et ses amis. On lui a dit que si elle souhaitait quitter son domicile, elle ne pourrait se déplacer que sous escorte dans un véhicule de police", a précisé Human Rights in China.

Liu Xia sur Twitter
L'épouse du dissident n'est apparemment joignable que par l'intermédiaire du service de microblogs Twitter.

"Mes amis, je suis de retour à la maison. Le 8 (octobre), j'ai été placée en résidence surveillée. J'ignore quand je serai en mesure de voir qui que ce soit", a-t-elle indiqué dans un texte très vite diffusé par les militants pro-démocratie chinois. "Mon téléphone portable est hors d'usage et je ne peux ni recevoir ni faire des appels", a ajouté Mme Liu, qui faisait déjà l'objet d'une surveillance policière rapprochée ces dernières semaines.

Elle a également confirmé avoir rendu visite à son mari.

Lundi, la police interdisait aux journalistes occidentaux d'approcher le domicile de Liu Xia à Pékin.