Les médecins restés à Alep témoignent : "Il n'y a pas de pire endroit sur la planète"

Des tractations diplomatiques sont en cours pour faire cesser les raids aériens de l'aviation syrienne sur les quartiers d'Alep contrôlés par les rebelles. Depuis la reprise des hostilités le 22 avril dernier, 246 civils ont trouvé la la mort dans les bombardements. Les rares médecins encore présents ont lancé un cri d'alarme après la mort de plusieurs de leurs collègues, dont le dernier pédiatre.

(L'hôpital al-Qods, soutenu par MSF, a été touché par une frappe, qui a tué entre autres le docteur Mohammad Wasim Maaz, un pédiatre réputé des quartiers rebelles © REUTERS/Abdalrhman Ismail)

A Alep, dans la partie contrôlée par les rebelles, il ne resterait plus, selon plusieurs sources, que 25 médecins en activité pour près de 250 000 habitants. "Nous restons à Alep tout d'abord parce que nous sommes Syriens, c'est notre pays, nous sommes médecins, nous avons un travail à accomplir ", témoigne l'un d'entre eux, joint par notre correspondant à Beyrouth, Omar Ouahmane.

Selon un décompte de plusieurs organisations humanitaires syriennes, en cinq ans de guerre civile, près de 730 médecins, pharmaciens ou infirmiers ont perdu la vie dans les bombardements. Selon certains médecins, restés malgré tout sur place, ce ne sont pas des bavures à répétition mais bien "des attaques délibérées ".

Ecoutez les témoignages de ces médecins qui refusent de quitter Alep. Propos recueillis par notre correspondant à Beyrouth, Omar Ouahmane.
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Vendredi dernier, le bilan de l'attaque menée contre l'hôpital d'Al-Quds, mercredi à Alep, s'est encore alourdi. 50 personnes, dont des patients et six membres de l'hôpital, soutenu par l'ONG Médecins sans frontières (MSF), sont mort dans le bombardement.

Selon le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, les discussions avec les Russes et les partenaires de la coalition internationale se rapprochaient lundi d'un point d'entente sur le renouvellement d'une trêve en Syrie, entre autres autour d'Alep. "Nous approchons d'un point d'entente, mais nous avons encore du travail à faire, c'est pourquoi nous sommes ici ", a-t-il indiqué lundi matin à Genève, où il doit notamment rencontrer l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

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