Le Tunisien qui a jeté un engin explosif devant l'ambassade de France à Bamako, mercredi, se dit membre d'al-Qaïda

L'homme de 25 ans a avoué une "haine de la France", mais les enquêteurs s'interrogeaient jeudi sur son action mal préparée.Selon une source policière, il s'appelle Bachir Sinoun et vient d'une katiba (camp de combattants islamistes) d'al-Qaïda au Maghreb islamique dans le Sahara, même s'il ne semble pas être un élément important de l'organisation.

A Bamako, au Mali, le Tunisien à l\'origine de l\'attentat devant l\'ambassade de France, le 5 janvier 2011.
A Bamako, au Mali, le Tunisien à l'origine de l'attentat devant l'ambassade de France, le 5 janvier 2011. (AFP/HABIB KOUYATE)

L'homme de 25 ans a avoué une "haine de la France", mais les enquêteurs s'interrogeaient jeudi sur son action mal préparée.

Selon une source policière, il s'appelle Bachir Sinoun et vient d'une katiba (camp de combattants islamistes) d'al-Qaïda au Maghreb islamique dans le Sahara, même s'il ne semble pas être un élément important de l'organisation.

"L'homme a été arrêté, il est interrogé par la police. C'est un Maghrébin", avait annoncé mercredi soir une source sécuritaire à Bamako. "Il était armé d'un pistolet automatique, d'un engin explosif et d'une grenade. Il a aussi tiré plusieurs coups de feu contre le portail de l'ambassade". Il y a eu deux blessés légers parmi les passants se trouvant devant l'ambassade lors des faits.

Un important dispositif de sécurité avait été déployé aux abords des bâtiments diplomatiques. Bamako n'avait encore jamais été le théâtre d'un attentat attribué à la mouvance d'al-Qaïda.

L'ambassade de France à Bamako n'a communiqué aucune information sur l'attentat, mais le lycée français, resté fermé jeudi, a annoncé qu'il ne rouvrirait que lundi.

"Cette attaque (...) vient rappeler la réalité des menaces qui pèsent sur les intérêts et les ressortissants français en zone sahélo-saharienne. La plus grande vigilance reste donc de rigueur", a déclaré jeudi une porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Christine Fages, à Paris. "Une enquête est en cours", a répété Mme Fages, se refusant à donner des détails, alors qu'il lui était demandé si cette explosion pouvait avoir un lien avec l'affaire des otages français retenus dans le nord-est du Mali.

En août 2009, dans la capitale de la Mauritanie voisine, un jeune homme s'était fait exploser près de l'ambassade de France, blessant légèrement deux gendarmes français et une Mauritanienne. Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait revendiqué cet attentat suicide, dans lequel le kamikaze mauritanien avait péri.

Aqmi avait ensuite de nouveau désigné la France comme cible après une opération franco-mauritanienne le 22 juillet 2010 contre une base de l'organisation au Mali, dont le but était de libérer un otage français, Michel Germaneau, 78 ans. Sept jihadistes avaient été tués pendant cette opération, mais l'otage n'avait pas été libéré et Aqmi avait ensuite annoncé l'avoir tué.

Actuellement, Aqmi séquestre dans le Sahara cinq Français, un Togolais, un Malgache, enlevées en septembre 2010 à Arlit, site minier stratégique du géant du secteur nucléaire français Areva dans le nord du Niger.