Le président sortant Idriss Deby a été sans surprise réélu avec 88,66% des voix dès le 1er tour de la présidentielle

Le Premier tour, boycotté par l'opposition, s'est déroulé le 25 avril. Le taux de participation s'élève à 64,22%, selon la Commission électorale.Le taux de participation, qui était le principal enjeu du scrutin boycotté par les trois principaux opposants, Saleh Kebzabo, Wadal Abdelkader Kamougué et Ngarlejy Yorongar, est de 64,22%.

Votants à l\'élection présidentielle dans le 2eme district de N\'Djamena, le 25 avril 2011
Votants à l'élection présidentielle dans le 2eme district de N'Djamena, le 25 avril 2011 (AFP/Gaël COGNE)

Le Premier tour, boycotté par l'opposition, s'est déroulé le 25 avril. Le taux de participation s'élève à 64,22%, selon la Commission électorale.

Le taux de participation, qui était le principal enjeu du scrutin boycotté par les trois principaux opposants, Saleh Kebzabo, Wadal Abdelkader Kamougué et Ngarlejy Yorongar, est de 64,22%.

Le ministre Albert Pahimi Padacké a obtenu 6,03% des suffrages (170.188 voix) et l'opposant Nadji Madou 5,32% (150.226).

La journée de lundi a été marquée par le décès dans la matinée de M. Kamougué, mort de maladie à l'âge de 72 ans. Ancien président de l'Assemblée nationale et ancien ministre de la Défense, le général Kamougué, 72 ans, dit "WAK", était le leader de l'Union démocratique pour le renouveau (UDR). Avec Saleh Kebzabo et Ngarlejy Yorongar, ils étaient les trois opposants qui avaient décidé de boycotter l'élection. M. Kebzabo a qualifié la réélection de M. Deby de "rigolade".

"C'est de la rigolade. Tous les Tchadiens savent qu'ils n'ont pas voté. Je ne m'attendais à rien. Il n'y pas eu d'élection", a déclaré à l'AFP le leader de l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR).

"Les chiffres (de participation) n'ont aucune valeur. Ils (le pouvoir) ont fait ce qu'ils ont voulu. Au mieux, même les observateurs les plus optimistes évaluaient la participation à 25%", a-t-il ajouté.

L'élection présidentielle devait marquer le point d'orgue d'un processus de démocratisation du régime entamé avec l'accord du 13 août 2007 signé entre la majorité des partis d'opposition et le pouvoir.

Mais l'accord signé un an après le boycott de la présidentielle de 2006 a débouché finalement sur un nouvel appel à l'abstention des principaux opposants, trois mois après les législatives du 13 février largement dominées par le MPS de M. Deby.

Candidats en 2001 et 1996, les trois principaux opposants, MM. Kebzabo, Kamougué et Yorongar avaient dénoncé une "mascarade électorale", affirmant que les élections législatives avaient été marquées par des fraudes et des irrégularités, avant de suspendre leur participation à la présidentielle. Ils réclamaient notamment de nouvelles cartes d'électeurs.

Depuis le réchauffement des relations avec le Soudan, le régime de M. Deby semble à l'abri des "rezzous" (raids) rebelles, d'autant qu'avec ses nouveaux pétro-dollars, il a pu renforcer son armée.

Il bénéficie du soutien de la France, qui maintient une présence dans son ancienne colonie presque sans discontinuité depuis 1960.