Le Premier ministre tunisien par intérim, Béji Caïd Essebsi, a annoncé lundi la liste de son gouvernement provisoire

Il est composé de 22 ministres dont cinq nouveaux. La nouvelle équipe, la troisième depuis la chute de Ben Ali, est composée de techniciens. Ses membres ne seront pas autorisés à se présenter aux futures élections.Les Tunisiens éliront le 24 juillet une Assemblée constituante, a annoncé la semaine dernière le président par intérim Foued Mebazaa.

Le président tunisien par intérim Foued Mebazaa, le 3 mars 2011 a nommé un nouveau gouvernement
Le président tunisien par intérim Foued Mebazaa, le 3 mars 2011 a nommé un nouveau gouvernement (AFP / Fethi Belaid)

Il est composé de 22 ministres dont cinq nouveaux. La nouvelle équipe, la troisième depuis la chute de Ben Ali, est composée de techniciens. Ses membres ne seront pas autorisés à se présenter aux futures élections.

Les Tunisiens éliront le 24 juillet une Assemblée constituante, a annoncé la semaine dernière le président par intérim Foued Mebazaa.

La plupart des principaux membres de l'équipe sortante conservent leur portefeuille dans le nouveau gouvernement que dirige le même Premier ministre, Caïd Béji Essebsi, 84 ans, nommé le 27 février, après la démission de Mohamed Ghannouchi.

Les quatre ministres qui ont démissionné la semaine dernière, parmi lesquels ceux de la Coopération internationale et de l'Industrie, ont été remplacés.

Ali Larayedh, membre d'Ennahda (Renaissance) qui vient tout juste d'être autorisé après deux décennies d'interdiction sous l'ère Ben Ali, avait auparavant fait savoir que son mouvement islamiste modéré ne participerait pas à ce nouveau gouvernement.

"On ne nous a pas demandé de participer au gouvernement parce que le Premier ministre a dit que ce serait un cabinet composé de techniciens, et non un gouvernement d'union nationale représentant les partis politiques", a-t-il expliqué.
"Cela ne nous pose pas de problème", a-t-il dit. "Nous traiterons avec le nouveau gouvernement de manière positive, sur la base de ses réalisations".

L'actuelle Constitution "ne répond plus aux aspirations du peuple après la révolution" du 14 janvier, qui a mené à la chute du président Ben Ali, et elle "constitue un obstacle à des élections transparentes", a estimé Foued Mebazaa, le président par intérim.

En vue de l'élection de la constituante, a détaillé le président, "un système électoral spécial" sera préparé "au plus tard avant la fin du mois de mars" par la "Haute commission pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique".

Le texte électoral fera "l'objet de consultations dans le cadre du Conseil" de la Haute commission, formé de personnalités, de représentants des partis politiques et des organisations de la société civile "qui ont participé à la révolution ou l'ont soutenue".

Le RCD, parti de Ben Ali, sera exclu du processus
Le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique, parti de Ben Ali), semble clairement exclu du processus. Il est actuellement suspendu et devrait être dissous par voie de justice.

Une fois élue, l'Assemblée constituante pourrait désigner un nouveau gouvernement.

Ce sera le troisième gouvernement depuis la chute de Ben Ali, les deux premiers ayant été conduits par Mohammed Ghannouchi. Celui-ci a dû démissionner fin février sous la pression de la rue qui lui reprochait ses liens avec l'ancien régime.

Il a laissé la place à Beji Caïd Essebsi, 84 ans, un libéral qui avait servi sous Habib Bourguiba.

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