Le palmarès du Prix Bayeux-Calvados

Les guerres en Syrie et en Libye ont dominé les prix attribués par le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre. Avec une question, posée par le président du jury, Gilles Peress, photographe à Magnum : «Par la force des reportages et des témoignages, que restera-t-il gravé dans nos mémoires dans 20 ans ?»

Le guitariste de Syrte: une photo d\'Aris Messinis, phtographe de l\'AFP primé à Bayeux
Le guitariste de Syrte: une photo d'Aris Messinis, phtographe de l'AFP primé à Bayeux (AFP - ARIS MESSINIS )

La force des reportages et des témoignages rapportés par les journalistes permet au monde extérieur d’être informé sur la situation en Syrie et « la sale guerre », selon leur propre terme, qu’y livre le régime de Bachar el Assad à son propre peuple.

Le trophée Télévision a ainsi été attribué à Nic Robertson, du bureau de Londres de la chaîne américaine CNN, pour son reportage intitulé «Syrie, la ville de première ligne». D’une manière générale, depuis 2011, le journaliste a beaucoup travaillé sur le « Printemps arabe », et notamment les révoltes en Libye et en Syrie. Dans les années 2000, il avait couvert les conflits d’Irak et d’Afghanistan.

L’écrit, lui aussi, a su montrer toute sa force pour décrire l’horreur des combats. Le trophée Presse écrite a été attribué à l’Espagnol Javier Espinosa pour son article du journal El Mundo intitulé «La dernière bataille de Bab Amr». Bab Amr, quartier situé au sud-ouest de la ville de Homs en Syrie. Espinosa a lui-même été bloqué plusieurs jours dans la ville avant de gagner Beyrouth.

Autre conflit très présent à Bayeux : la Libye. Mathieu Mabin, grand reporter à France 24, s’est vu attribuer le prix Télévision grand format pour son reportage «Brigade Tripoli». Envoyé spécial de la chaîne dans ce pays dès les premiers jours du conflit, il y a réalisé de nombreux sujets sur les lignes de front. Il a suivi les forces anti-Kadhafi dans leur périple vers la capitale libyenne, il raconte.

Le trophée Photo a été décerné à Aris Messinis, de l’AFP, pour «La bataille de Syrte» (nord-ouest du pays). L’un de ses clichés, où l’on voit un rebelle jouant de la guitare pendant un assaut contre l’un des derniers bastions des troupes de Kadhafi dans la ville, a fait le tour du monde.

Cette année encore, les prix saluent la couverture de conflits moins médiatisés. Le prix du jeune reporter a ainsi été attribué à Ed Ou, de Getty Images, pour son reportage en Egypte «Nous l’avons tant aimé, la révolution».

Autre catégorie et non, des moindres, primée depuis l’an dernier : le webdocumentaire, qui valorise le web-journalisme. Le prix revient cette année à David Wood pour «Beyond the battlefield», «Au-delà du champ de bataille». Il raconte le difficile retour des soldats américains après les conflits en Afghanistan et en Irak.

Suivez en direct la soirée de clôture du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre