Le ministre de l'Intérieur a donné son aval pour bâtir 1.600 logements dans un quartier de colonisation à Jérusalem-Est

L'"approbation finale" du chantier par Eli Yishaï, révélée jeudi, a été "condamnée vivement", peu après, par les Palestiniens.Le ministre israélien de l'Intérieur envisage aussi d'approuver "dans les prochains jours" 2000 autres logements dans le quartier de colonisation israélien de Givat Hamatos et 600 autres à Pisgat Zeev, à Jérusalem-Est.

Des ouvriers palestiniens travaillent sur un chantier de colonisation juive à Ramat Shlomo, à Jérusalem-Est (10/05/2010)
Des ouvriers palestiniens travaillent sur un chantier de colonisation juive à Ramat Shlomo, à Jérusalem-Est (10/05/2010) (AFP / Ahmad Gharabli)

L'"approbation finale" du chantier par Eli Yishaï, révélée jeudi, a été "condamnée vivement", peu après, par les Palestiniens.

Le ministre israélien de l'Intérieur envisage aussi d'approuver "dans les prochains jours" 2000 autres logements dans le quartier de colonisation israélien de Givat Hamatos et 600 autres à Pisgat Zeev, à Jérusalem-Est.

"Nous condamnons vivement la décision israélienne de construire de nouveaux logements de colons à Jérusalem-Est", a déclaré à l'AFP le négociateur Saëb Erakat, en exhortant le président américain Barack Obama à revenir sur sa décision de s'opposer à la demande de reconnaissance d'un Etat de Palestine à l'Onu en septembre. "Nous en appelons à lui pour soutenir cette approche (palestinienne) parce que c'est le seul moyen de sauvegarder la solution de deux Etats", l'un israélien et l'autre palestinien vivant côte à côte, tel que le réclame la communauté internationale, a souligné Saeb Erakat.

Les projets de construction ont été approuvés en "raison de la crise économique en Israël, cela va aider ceux qui cherchent des terrains pour construire à Jérusalem", a justifié un porte-parole du ministère à l'AFP, Roei Lachmanovich, en allusion au mouvement de contestation sociale qui déferle sur Israël depuis la mi-juillet après la hausse vertigineuse du prix des logements.

"Tout cela n'a rien de politique, c'est seulement économique", a affirmé le porte-parole. Selon le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la construction accélérée de logements doit provoquer à terme une baisse des prix.

Le porte-parole a souligné que le projet des 1.600 logements de Ramat Shlomo avait été annoncé en mars 2010 lors d'une visite du vice-président américain Joe Biden. "Cette annonce a été très controversée", a-t-il rappelé. L'annonce avait provoqué un sérieux coup de froid diplomatique avec les Etats-Unis, la communauté internationale ne reconnaissant pas l'annexion de Jérusalem-Est par Israël en juin 1967.

Jeudi 4 août, le ministère de l'Intérieur avait donné déjà son approbation définitive à la construction de 900 logements près de Har Homa, un autre quartier de colonisation de Jérusalem-Est. Cette décision avait été critiquée, outre par les Palestiniens, par les Etats-Unis et l'Union Européenne.

Plus de 300.000 Israéliens habitent dans les colonies de Cisjordanie occupée, un nombre en augmentation constante. Environ 200.000 autres se sont installés dans une douzaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-Est, où vivent quelque 270.000 Palestiniens.

Faute de perspective sérieuse de reprise des négociations de paix, enlisées depuis près d'un an, les Palestiniens comptent demander en septembre à l'Onu l'admission en son sein d'un Etat de Palestine.

Pour reprendre les discussions, les responsables palestiniens exigent un nouveau moratoire de la colonisation, y compris à Jérusalem-Est, auquel Israël s'est refusé malgré d'intenses pressions internationales.