LE CHIFFRE. 6,5 millions de chômeurs en plus dans l'OCDE par rapport à 2007

Les prévisions de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) ne sont pas excellentes. Les chiffres du chômage le prouvent. Avec 39 millions de chômeurs en 2017, selon ces prévisions, soit 6,5 millions de plus qu’avant la crise de 2008, les analyses de l’OCDE montrent que la croissance n’est toujours pas à l’ordre du jour.

39 millions de chômeurs prévus en 2017 dans les 34 pays membres de L'OCDE. Ce chiffre montre que le chômage reste supérieur à ce qu'il était avant le début de la crise en 2008 et que les niveaux de croissance attendus restent faibles. «Le monde est piégé dans une croissance molle», a alerté le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria, le 1er juin.

«Plus l'économie restera piégée dans une croissance molle, plus il sera difficile de briser les effets de rétroaction négatifs, de revivifier les forces du marché et de stimuler les économies pour les inscrire dans une dynamique de croissance forte», a assuré Catherine Mann, la cheffe économiste de l'organisation.


«La hausse du PIB mondial devrait être modeste et s’établir à 3 % en 2016, sensiblement au même niveau qu’en 2015, sous l’effet conjugué de la morosité de la progression des échanges, de l’évolution en demi-teinte des salaires et du ralentissement de l’activité sur les grands marchés émergents», note l'OCDE.

L'OCDE met en cause la faiblesse des «politiques budgétaires»
Face à ces perspectives peu réjouissantes, susceptibles en plus de pâtir de tout accident de conjoncture (avec les doutes sur la croissance chinoise ou la peur d'un Brexit), l'OCDE tâcle les Etats, européens notamment, qui mènent des politiques d'austérité trop restrictives: «s’en remettre uniquement à la politique monétaire ne peut donner des résultats satisfaisants en matière de croissance et d’inflation», note l'organisation. «Un surcroît d’assouplissement monétaire (taux directeurs proches de zéro ou quantitative easing, ndlr) pourrait ainsi se révéler moins efficace aujourd’hui que dans le passé, voire contreproductif dans certains cas. Dans de nombreux pays, il existe une marge de manœuvre permettant de mobiliser les politiques budgétaires pour renforcer l’activité grâce à l’investissement public, notamment parce que les taux d’intérêt à long terme ont permis, dans les faits, d’accroître la latitude budgétaire», ajoute l'OCDE.
 



L'UE a peut être compris le message puisque Bruxelles a abandonné l'idée de sanctionner des pays comme le Portugal ou l'Espagne (voire la France) dont les déficits restent au-dessus des 3%.

L'OCDE va dans le même sens que l'économiste Thomas Piketty qui vient d'écrire sur son blog: «Si le chômage n’a cessé d’augmenter depuis 2008, avec à la clé (en France, ndlr) un million et demi de chômeurs supplémentaires (2,1 millions de demandeurs d’emploi de catégorie A à la mi-2008, 2,8 millions mi-2012, 3,5 millions mi-2016), ce n’est pas parce que le droit du travail serait subitement devenu plus rigide. C’est parce que la France et la zone euro ont provoqué par leur excès d’austérité une rechute absurde de l’activité en 2011-2013, à rebours des Etats-Unis et du reste du monde».