Le chef de la diplomatie française Alain Juppé est arrivé mercredi soir à Jérusalem

Cette "mission exploratoire" vise à tenter de relancer les négociations israélo-palestiniennes par le biais d'une conférence de paix à Paris, dans un climat de scepticisme général.Faute d'un déblocage du processus de paix, le président Abbas est déterminé à demander en septembre à l'ONU l'adhésion de l'Etat de Palestine

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé et son équivalent israëlien Avigdor Lieberman le 1er juin 2011
Le chef de la diplomatie française Alain Juppé et son équivalent israëlien Avigdor Lieberman le 1er juin 2011 (AFP/DANIEL BAR-ON)

Cette "mission exploratoire" vise à tenter de relancer les négociations israélo-palestiniennes par le biais d'une conférence de paix à Paris, dans un climat de scepticisme général.

Faute d'un déblocage du processus de paix, le président Abbas est déterminé à demander en septembre à l'ONU l'adhésion de l'Etat de Palestine

"Nous sommes convaincus (...) que le statu quo au Proche-Orient serait une grave erreur. Tout change dans cette région, en Egypte, en Syrie, il faut donc bouger, il faut reprendre l'initiative", a déclaré M. Juppé après un entretien avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Rome, avant de commencer sa première visite en Israël et dans les Territoires palestiniens.

"Si rien ne se passe d'ici le mois de septembre, la France, par la voix de son président de la République, a indiqué déjà qu'elle en tirerait toutes les conséquences. Il faut absolument qu'il se passe quelque chose avant le mois de septembre", a-t-il répété.

M. Juppé a rappelé le "schéma" de ces éventuelles négociations: "repartir sur la base de la frontière de 1967, avec des échanges mutuellement consentis (...) travailler sur la sécurité d'Israël et puis peut-être dans un second temps de la négociation, traiter la question difficile des réfugiés et de Jérusalem".

Alain Juppé doit s'entretenir jeudi avec le Premier ministre palestinien Salam Fayyad et des jeunes à Ramallah (Cisjordanie) avant d'être reçu par le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu et d'apporter son soutien aux parents du soldat israélien Gilad Shalit, également de nationalité française, détenu depuis 5 ans par le mouvement palestinien Hamas à Gaza.

M. Netanyahu a d'ores et déjà exclu la référence aux lignes "indéfendables" de juin 1967 - qui couvrent la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza - comme base des négociations pour discuter des frontières d'un futur Etat palestinien.

Il n'a rien lâché sur le statut de la Ville sainte, qui à ses yeux est "la capitale indivisible" d'Israël, tandis que les Palestiniens veulent faire de la partie orientale, annexée par l'Etat hébreu il y a 44 ans, la capitale de leur Etat.

M. Netanyahu se dit prêt à reprendre les pourparlers mais demande aux Palestiniens de reconnaître Israël comme "l'Etat-nation du peuple juif" et il refuse de "négocier avec un gouvernement soutenu par la version palestinienne d'Al-Qaïda", en référence au Hamas.