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Le chef de la diplomatie a réfuté jeudi l'utilisation du mot "guerre" pour qualifier l'engagement des soldats français

"On ne fait pas la guerre en Côte d'Ivoire. En Afghanistan, on fait d'une certaine manière la guerre. En Côte d'Ivoire, on ne fait pas la guerre", a insisté Alain Juppé lors d'une audition devant des sénateurs.La force française Licorne multiplie les interventions, la dernière en date ayant concerné mercredi soir l'ambassade du Japon à Abidjan.
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Soldats de la force française Licorne à l'aéroport d'Abidjan (3/4/2011) (AFP / ECPAD / Sch Blanchet)

"On ne fait pas la guerre en Côte d'Ivoire. En Afghanistan, on fait d'une certaine manière la guerre. En Côte d'Ivoire, on ne fait pas la guerre", a insisté Alain Juppé lors d'une audition devant des sénateurs.

La force française Licorne multiplie les interventions, la dernière en date ayant concerné mercredi soir l'ambassade du Japon à Abidjan.

Des hélicoptères français sont intervenus mercredi soir pour évacuer l'ambassadeur du Japon et son équipe. Selon l'ambassade de France, à la demande de l'Onu, la force Licorne a "exfiltré l'ambassadeur et ses collaborateurs de la résidence du Japon" car "des miliciens pro-Gbagbo avaient installé des armes lourdes" sur les toits, "menaçant les ambassadeurs voisins et les populations civiles".

Le Japon a salué l'aide de Licorne. "Grâce à l'aide de l'armée française et des Nations unies, l'ambassadeur a été secouru avec sept autres collaborateurs", a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Tokyo. L'ambassadeur Yoshifumi Okamura et ses collaborateurs ont été mis en sécurité au camp militaire français de Port-Bouët, dans le sud d'Abidjan, selon l'ambassade de France.

Après l'exfiltration de l'ambassadeur du Japon dans la nuit de mercredi à jeudi, "nous faisons l'objet de nombreuses demandes", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie française devant les commissions de la Défense et des Affaires étrangères du Sénat. "J'avais encore il y a quelques instants au bout du fil le ministre des Affaires étrangères d'Israël qui me demandait le concours de Licorne pour exfiltrer ses diplomates."

En Côte d'Ivoire, la force Licorne qui intervient officiellement en soutien des unités de Casques bleus compte aujourd'hui quelque 1.700 militaires déployés à Abidjan.


La chute de Gbagbo "inéluctable", pour Juppé
Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a affirmé jeudi matin au Sénat que la chute du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo interviendrait "inéluctablement", sans se risquer à dire si ce serait une question de jours ou de semaines.

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo sera arrêté vivant et jugé, a affirmé jeudi l'ambassadeur de la Côte d'Ivoire à l'ONU, Youssouf Bamba. "Tôt ou tard, il sera arrêté et présenté à la justice", a déclaré Youssouf Bamba lors d'une conférence de presse.

Selon Paris, Laurent Gbagbo dispose d'"un petit millier" d'hommes à Abidjan, dont environ 200 défendent son bunker dans lequel il se trouve avec sa famille, enterré sous la résidence présidentielle ivoirienne.

Jeudi matin, des tirs sporadiques d'armes lourdes et légères étaient entendus à Abidjan autour du palais et de la résidence du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, visée par des tirs français mercredi soir, ont rapporté des habitants et des journalistes de l'AFP.

"Après la chute de Gbagbo qui interviendra inéluctablement, il faudra appuyer la politique de pardon, de réconciliation natinale, d'ouverture politique que devra conduire le président (Alassane) Ouattara", a expliqué Alain Juppé jeudi matin devant les sénateurs.

"De ce point de vue, nous sommes en liaison très étroite avec lui et il est parfaitement dans cet esprit. Il fera bientôt, je pense, des déclarations en ce sens et nous sommes déjà en train de travailler sur l'effort qu'il faudra faire pour l'aider dans ce processus de réconciliation politique et de reconstruction économique", a ajouté Alain Juppé.

Mercredi soir à Abidjan, parallèlement à l'intervention à l'ambassade du Japon, la force française Licorne a de nouveau frappé des objectifs militaires à la résidence où se terre le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, qui refusait toujours de se rendre, quelques heures après un assaut manqué des forces d'Alassane Ouattara.

Alors que lundi soir, les bombardements de la France et de l'Onu - sur la résidence, notamment - avaient fait s'écrouler l'essentiel du régime, mais sans obtenir que Laurent Gbagbo jette l'éponge, les tirs de mercredi soir sont survenus à l'occasion de l'exfiltration réussie de l'ambassadeur du Japon. Face aux "tirs nourris des forces pro-Gbagbo, situées dans et autour de la résidence présidentielle" et "notamment dirigés" vers la résidence voisine de l'ambassadeur de France, "avec des intrusions", la force française a effectué des "tirs de riposte par hélicoptère", selon l'ambassade de France.

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>> (factuel de mercredi)

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