Le chanteur Michel Martelly a remporté l'élection présidentielle en Haïti avec 67,57% des suffrages exprimés

Sa rivale Mirlande Manigat a obtenu 31,74% des voix, selon les résultats préliminaires transmis lundi soir à l'AFP par un membre du Conseil électoral provisoire (CEP).Le 2e tour avait eu lieu le 20 mars, marqué par une forte participation.

Michel Martelly salue ses supporters le 16 mars 2011, à Petionville, dans la banlieue de Port-au-Prince
Michel Martelly salue ses supporters le 16 mars 2011, à Petionville, dans la banlieue de Port-au-Prince (AFP / Hector Retamal)

Sa rivale Mirlande Manigat a obtenu 31,74% des voix, selon les résultats préliminaires transmis lundi soir à l'AFP par un membre du Conseil électoral provisoire (CEP).

Le 2e tour avait eu lieu le 20 mars, marqué par une forte participation.

De nombreux Casques bleus de la mission de l'Onu en Haïti (Minustah) s'étaient déployés lundi dans Port-au-Prince en attendant l'annonce officielle des résultats préliminaires du deuxième tour de l'élection présidentielle.

Dans les rues de la capitale lundi en fin d'après-midi, les Haïtiens pressaient le pas pour rentrer chez eux et écouter les résultats d'une élection qui aura tenu le pays en haleine depuis le premier tour du 28 novembre.

Les résultats définitifs doivent être annoncés le 16 avril à l'issue d'une période au cours de laquelle les deux candidats en lice pour le second tour pourront déposer des recours devant les autorités électorales. Sans même attendre la publication officielle des résultats, les deux camps ont revendiqué la victoire au cours des derniers jours, ce qui laisse à penser que Mirlande Manigat va utiliser à plein la période de recours qui s'ouvre.

Michel Martelly, un chanteur populaire de 50 ans surnommé "Tet Kalé" ("crâne chauve" en créole) par ses fans, succèderait pour cinq ans, si ces premiers résultats sont confirmés, au président René Préval à la tête du pays le plus pauvre du vaste continent américain.

Michel Martelly dont la femme a joué un grand rôle dans la gestion de sa carrière et de sa campagne, prend la tête d'une administration amputée après le séisme dévastateur du 12 janvier qui avait près de 250.000 morts. Dans un pays exsangue où le choléra a tué 5000 personnes, le palais présidentiel, détruit par le tremblement de terre, n'a toujours pas été reconstruit.

La perdante se dit "indignée"
La perdante de l'élection présidentielle, Mirlande Manigat, s'est dite "indignée" mardi par les résultats préliminaires du scrutin, qui ont donné la veille une victoire sans appel à son adversaire Michel Martelly. Elle n'a pas dit clairement si elle allait ou non contester les résultats comme elle en a le droit d'ici à la proclamation des résultats définitifs le 16 avril.

Repêché par les révélations des fraudes
La victoire de Michel Martelly s'avère inattendue dans la mesure où il ne s'était pas qualifié, dans un premier temps, pour le second tour. Mais la mise au jour de de fraudes lui avait permis de prendre la place du candidat du pouvoir Jude Célestin pour affronter l'ex-Première Dame et intellectuelle Mirlande Manigat.

Cela dit, elle n'est pas si surprenante tant Martelly, qui a étudié aux Etats-Unis, est populaire, que ce soit à Port-au-Prince ou en province où son programme de réforme agricole a été bien reçu.

Quelques heures avant l'annonce officielle de ces résultats, le secrétaire d'Etat à la Sécurité publique Aramick Louis avait demandé aux candidats d'inviter leurs partisans "à ne pas manifester violemment dans les rues" quel que soit le résultat, de peur de troubles comme à l'issue du premier tour.

Le CEP avait annoncé la semaine dernière que la consultation du 20 mars avait été entachée de fraudes et que plusieurs centaines de procès-verbaux envoyés par différents centres de vote avaient été annulés.

Lundi, des écoles sont restées fermées au Cap-Haïtien et aux Cayes, les plus grandes villes du pays après la capitale Port-au-Prince, ont indiqué des radios locales. Aux Cayes, ville où des affrontements particulièrement violents avaient eu lieu en décembre, des blindés de la Minustah étaient en position dans les rues, ainsi que des véhicules de la police haïtienne.